Quatre jours sans électricité, détérioration des aliments : qui pour rembourser les dégâts causés ?



2026-05-26 11:31:00

Entre pertes alimentaires, insécurité et dégâts matériels, les populations d’Owendo, Bikélé et des quartiers environnants réclament des réponses après plusieurs jours de coupure électrique.



Depuis l’incendie survenu à la centrale d’Akournam 2 le samedi 23 mai 2026, les habitants d’Owendo, de Bikélé et de plusieurs quartiers périphériques ont vécu quatre jours de coupure d’électricité aux conséquences particulièrement lourdes. Derrière la panne technique, ce sont des centaines de familles qui se retrouvent aujourd’hui confrontées à des pertes alimentaires importantes, des dégâts matériels et un profond sentiment d’abandon. Congélateurs hors service, aliments avariés, activités économiques ralenties et montée de l’insécurité nocturne : pour de nombreux ménages, cette longue interruption d’électricité a provoqué une véritable désorganisation du quotidien.


Afin de limiter les pertes, certaines familles ont tenté de conserver leurs denrées en les fumant ou en les partageant rapidement avec des proches, tandis que d’autres ont été contraintes de jeter plusieurs jours de provisions devenues impropres à la consommation. Au-delà des pertes financières, les habitants dénoncent également les conséquences psychologiques et sociales d’une telle situation dans des zones fortement dépendantes de l’électricité pour la conservation des aliments, les activités commerciales ou la sécurité des foyers. Une question revient désormais avec insistance : qui assumera la responsabilité des dommages causés et quelles mesures d’indemnisation seront envisagées pour les populations affectées ?


Cet épisode relance surtout le débat sur la fragilité des infrastructures énergétiques au Gabon et sur la capacité des services publics à anticiper les incidents majeurs. Dans un contexte de croissance urbaine rapide, les populations peinent à comprendre qu’au XXIe siècle, une panne puisse paralyser durablement des quartiers entiers sans solutions de secours immédiates. Pour beaucoup, cet incident met en évidence les limites des mécanismes de prévention, de maintenance et de gestion de crise dans le secteur énergétique. Car au-delà du confort domestique, l’accès continu à l’électricité conditionne désormais l’activité économique, la sécurité et la qualité de vie des citoyens.