Révolution minière : le Gabon mise sur la transformation pour multiplier sa richesse
2026-01-30 12:47:00
Avec l’objectif de porter la contribution du secteur minier à 25 % du PIB d’ici 2030, le Gabon engage une profonde refonte de sa stratégie extractive.
Au cœur de cette ambition : la transformation locale du manganèse et la montée en puissance de la Société Équatoriale des Mines, sous l’impulsion du ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema.
Le Gabon s’engage dans une nouvelle ère de son développement économique en faisant du secteur minier un levier stratégique de croissance. Longtemps dominée par l’exportation de matières premières brutes, l’économie minière nationale s’apprête à connaître une transformation structurelle majeure. Aujourd’hui évaluée à environ 6 % du produit intérieur brut grâce au manganèse, la contribution du secteur devrait atteindre 25 % du PIB à l’horizon 2030, soit une multiplication par plus de quatre.
Cette ambition est portée par une volonté politique affirmée et une feuille de route claire, impulsée par le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema. L’objectif est de rompre avec le modèle extractif classique pour bâtir une industrie minière intégrée, créatrice de valeur ajoutée, d’emplois qualifiés et de recettes fiscales durables.
La première étape de cette révolution concerne le manganèse, ressource stratégique dont le Gabon est l’un des principaux producteurs mondiaux. Le gouvernement prévoit l’interdiction de l’exportation de minerai brut à compter de 2029. Cette mesure vise à encourager la transformation locale du manganèse en silicomanganèse, un alliage à forte valeur ajoutée largement utilisé dans l’industrie sidérurgique internationale.
En favorisant la production nationale de silicomanganèse, le Gabon entend capter une part plus importante de la chaîne de valeur, réduire sa dépendance aux fluctuations des cours des matières premières et renforcer sa balance commerciale. Cette orientation implique toutefois des investissements lourds dans les infrastructures énergétiques, industrielles et logistiques, indispensables à l’implantation d’unités de transformation compétitives.
Parallèlement, la Société Équatoriale des Mines (SEM) est appelée à jouer un rôle central dans cette nouvelle architecture minière. Sa transformation en véritable bras opérationnel de l’État doit permettre une meilleure gouvernance du secteur, une valorisation accrue du patrimoine minier national et une participation plus active du pays dans l’exploitation et la commercialisation de ses ressources.
Au-delà du manganèse, cette stratégie ouvre la voie à une diversification minière plus large, intégrant d’autres ressources du sous-sol gabonais encore sous-exploitées. Elle s’inscrit dans une vision globale de développement industriel, visant à renforcer la souveraineté économique du pays tout en répondant aux exigences de durabilité et de responsabilité environnementale.
En plaçant la transformation locale au cœur de sa politique minière, le Gabon fait le pari d’un secteur plus structuré, plus rentable et plus résilient. Un pari audacieux, mais stratégique, pour inscrire durablement l’exploitation minière au service de la croissance et de la prospérité nationale.