Sénégal: Ousmane Sonko élu président de l'assemblée nationale avec une large marge
2026-05-26 14:12:00
Après son limogeage du gouvernement, Ousmane Sonko rebondit au perchoir de l’Assemblée nationale. Moins de quatre jours après un coup de théâtre qui a secoué le sommet de l’État, le paysage politique sénégalais s’est brutalement recomposé.
Limogé le 22 mai de ses fonctions de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a été élu ce mardi président de l’Assemblée nationale à une écrasante majorité, recueillant 132 voix sur 165 députés.
Ce scrutin marque l’avènement du leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) à la tête de la deuxième institution de la République.
L'accession d'Ousmane Sonko au perchoir s'est orchestrée en un temps record. Dimanche 24 mai, El Malick Ndiaye, alors président de la chambre basse et fidèle allié de Sonko, annonçait sa démission surprise au nom du « sens de l'État ». Un retrait tactique qui a immédiatement ouvert la voie à la convocation de la séance plénière de ce mardi, visant d'abord à acter la réintégration d'Ousmane Sonko en tant que député mandat qu'il avait mis de côté pour diriger le gouvernement puis à l'élire au poste de quatorzième président de l'Assemblée nationale.
Profitant de la majorité hégémonique du PASTEF au Parlement (qui détient 130 sièges depuis le raz-de-marée des législatives de novembre 2024), l'ancien Premier ministre a obtenu un plébiscite quasi total de ses rangs, malgré le boycott d'une partie de l'opposition qui contestait la légitimité juridique de sa réintégration.
« L'Assemblée nationale ne sera plus une simple chambre d'enregistrement, mais le cœur battant du contrôle de l'action publique et de la souveraineté nationale. » Ousmane Sonko, lors de son discours d'installation.
Les défis d'un nouvel équilibre politique pour le Sénégal, vitrine démocratique de l’Afrique de l’Ouest et nouvel acteur gazier et industriel mondial, cette nouvelle configuration ouvre une période d'incertitude institutionnelle :
Le contrôle budgétaire et législatif : Avec une majorité parlementaire acquise à sa cause, Ousmane Sonko dispose d'un droit de regard absolu sur les lois et les budgets présentés par le tout nouveau gouvernement d'Ahmadou Al Aminou Lô.
L'ombre de la dissolution : Si le président Faye souhaite se débarrasser d'une Assemblée hostile, la Constitution lui interdit de prononcer une nouvelle dissolution de l'hémicycle avant le mois de novembre 2026 (soit deux ans révolus après le précédent scrutin législatif).
À trois ans de l'échéance présidentielle de 2029, pour laquelle le code électoral a récemment été adouci en faveur de l'éligibilité de Sonko, le duel au sommet de l'État sénégalais ne fait que commencer. Le terrain de jeu, lui, vient officiellement de se déplacer de la Primature au Parlement.