Secteur informel : Plus de 80 % des entreprises seraient détenues par des expatriés, selon la BAD



2026-10-01 10:37:00

Le secteur informel continue de peser lourd dans l’économie gabonaise. Selon le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), publié le 21 septembre 2026, plus de 80 % des entreprises informelles au Gabon seraient détenues par des expatriés. Une donnée qui met en lumière la faible présence des nationaux dans un pan de l’économie représentant près de la moitié du PIB et l’essentiel des emplois.



D’après le rapport de la BAD, le secteur informel représenterait 49,1 % du PIB gabonais, tandis que 86,5 % des emplois recensés en 2024 seraient liés à cette activité. Ces chiffres illustrent le poids considérable d’une économie qui échappe en partie aux circuits formels, mais qui constitue pourtant une source majeure de revenus pour les ménages. Commerce de proximité, artisanat, services, réparation, transport urbain ou encore activités domestiques figurent parmi les domaines où cette économie occupe une place importante.

Le constat sur la détention des entreprises informelles met surtout en évidence une forte présence d’opérateurs étrangers dans ces activités. Pour la BAD, cette situation renvoie notamment aux conditions d’accès au financement, aux contraintes administratives, au poids de la fiscalité et aux difficultés rencontrées pour accéder aux circuits d’approvisionnement. Autant de facteurs susceptibles de limiter l’entrée et le développement des entrepreneurs gabonais dans des activités pourtant relativement accessibles et fortement créatrices d’emplois.

Cette situation soulève ainsi un enjeu économique qui dépasse la seule question de la nationalité des opérateurs. Alors que l’informel génère près de la moitié de la richesse nationale, la capacité des Gabonais à y créer et développer leurs propres entreprises apparaît comme un sujet central de politique économique. L’amélioration de l’accès au crédit, la simplification des démarches de formalisation, l’accompagnement des très petites entreprises et un meilleur accès aux marchés pourraient contribuer à renforcer la participation des nationaux à cette partie de l’économie.

Le diagnostic de la BAD place ainsi le secteur informel au cœur des défis de transformation de l’économie gabonaise. Avec 49,1 % du PIB et 86,5 % des emplois concernés, son poids ne peut être considéré comme marginal. L’enjeu pour les pouvoirs publics sera désormais de créer les conditions permettant aux entrepreneurs gabonais de mieux investir cet espace économique, tout en favorisant progressivement la formalisation des activités. Au-delà du volume d’emplois, la question sera celle de la capacité de cette économie à générer davantage de valeur localement et à contribuer plus largement aux recettes et au développement du pays.