Transport aérien : Le Gabon instaure une redevance de 30 dollars pour renforcer la sûreté



2026-07-06 17:20:00

Le secteur aérien gabonais entre dans une nouvelle zone de turbulences. Le gouvernement a acté l’instauration d’une redevance passager de 30 dollars, soit environ 18 000 FCFA, désormais appliquée à tous les voyageurs internationaux, que ce soit au départ ou à l’arrivée du pays. Une mesure publiée au Journal officiel le 19 juin 2026, qui s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la sûreté aéroportuaire et de moderniser les dispositifs de contrôle aux frontières.



Derrière cette décision, Libreville met en avant le financement des systèmes API/PNR, des outils de surveillance et de traitement des données passagers devenus incontournables dans les standards internationaux de sécurité. Mais sur le terrain, cette nouvelle charge vient s’ajouter à une fiscalité déjà jugée lourde, avec des frais de sûreté pouvant grimper jusqu’à 22 000 FCFA sur les vols internationaux. Résultat : le prix du billet continue de s’envoler, au risque de peser sur la demande.

Cette hausse intervient dans un contexte où le Gabon veut pourtant jouer la carte de l’ouverture et de la compétitivité aérienne. Entre les ambitions autour de FlyGabon et la volonté de faire de Libreville un hub régional, le timing interroge. Pour les compagnies aériennes et les professionnels du tourisme, le signal est ambivalent : d’un côté la modernisation, de l’autre un risque réel de décrochage face aux plateformes concurrentes de la sous-région.

Reste désormais à savoir si cette stratégie sera gagnante sur le long terme. Entre impératifs sécuritaires et attractivité économique, l’équilibre s’annonce délicat. Dans un marché aérien déjà ultra-concurrentiel en Afrique centrale, la moindre hausse de coûts peut redessiner les flux de passagers. Le Gabon joue donc une partie serrée : moderniser sans freiner, sécuriser sans isoler.