+15,2 % pour le caoutchouc contre -11 % pour l'huile rouge : Le caoutchouc prend le relais sur la filière huile de palme qui s'essouffle
2026-07-30 15:49:00
Alors que l'agriculture de rente recule de 0,8 % au premier trimestre 2026, la filière caoutchouc fait figure d'exception avec une croissance de 15,2 % sur un an. À l'inverse, la production nationale d'huile rouge poursuit sa baisse (-11 %), révélant deux trajectoires opposées au sein du groupe Olam.
L'agriculture de rente
gabonaise continue d'évoluer dans un contexte contrasté. Au premier trimestre
2026, la production recule légèrement de 0,8 %. Pourtant, cette tendance
générale cache une performance remarquable : celle du caoutchouc humide, dont
la production progresse de 1,4 % sur le trimestre et surtout de 15,2 % sur un
an. Une croissance que la DGEPF attribue directement aux performances d'Olam
Rubber Gabon (ORG).
Cette progression contraste
fortement avec la situation de la branche huile de palme du groupe
singapourien. Au même moment, Olam Palm Gabon est confrontée à une baisse de
rendement de certaines plantations, conduisant notamment à la fermeture d'un
site de production. Deux filiales appartenant au même groupe évoluent ainsi
dans des directions diamétralement opposées.
Cette divergence peut
s'expliquer par les évolutions du marché international. Le caoutchouc naturel
bénéficie actuellement d'une demande soutenue, notamment en Asie où l'industrie
du pneumatique demeure particulièrement dynamique. Dans ce contexte, il est
probable que les investissements aient été davantage orientés vers cette
filière, jugée aujourd'hui plus rentable que celle de l'huile de palme.
Une telle stratégie pourrait
toutefois produire des effets sur l'économie nationale. Alors que la production
locale d'huile rouge recule de près de 11 % sur un an, la dépendance du pays
vis-à-vis des importations alimentaires pourrait s'accentuer. À l'inverse, les
performances du caoutchouc renforcent les recettes d'exportation mais profitent
moins directement à la consommation intérieure.
À ce stade, Olam n'a pas
officiellement confirmé une réorientation de ses investissements entre ses
différentes filiales. Les données publiées par la DGEPF mettent néanmoins en
évidence un contraste particulièrement marqué entre deux activités stratégiques
du même groupe. Les prochains trimestres permettront de déterminer s'il s'agit
d'un phénomène conjoncturel ou d'un véritable changement de stratégie
industrielle au Gabon.