Route Ndendé-Doussala : 7 milliards de FCFA d’impayés de l’État envers la BAD menacent le chantier



2026-09-11 14:14:00

Le chantier de la route Ndendé-Doussala, destiné à renforcer la connexion entre le Gabon et le Congo, fait face à de nouvelles difficultés financières. Selon les informations rapportées par L’Union, des décomptes impayés par l’État auprès de la Banque africaine de développement (BAD) pèseraient sur la poursuite des travaux. Cette situation intervient alors que le projet avait déjà été signalé pour son faible niveau d’exécution. En mars 2026, une mission de la BAD faisait état d’un avancement de seulement 27 %.



Longue d’environ 46 à 49 kilomètres, la route Ndendé-Doussala constitue l’un des projets structurants du sud du Gabon. Financé notamment par la BAD et l’Africa Growing Together Fund, le projet doit améliorer la connectivité entre le Gabon et le Congo-Brazzaville. Son importance dépasse donc le seul transport routier, puisqu’il s’inscrit dans une logique d’intégration sous-régionale et de développement des échanges. Le financement global du projet est estimé à environ 90,2 milliards de FCFA.

Mais le chantier connaît depuis plusieurs mois un décalage entre les ambitions affichées et son rythme d’exécution. En mars 2026, une mission de la BAD avait constaté un taux de réalisation de seulement 27 %, alors que plus de 60 % du délai contractuel avait déjà été consommé. L’institution avait alors demandé une réorganisation du plan de charge de l’entreprise Sinohydro afin d’accélérer les travaux. Cette alerte avait déjà placé l’infrastructure sous surveillance.

La nouvelle difficulté est désormais liée à la situation financière du projet. Selon les informations rapportées par L’Union, des décomptes impayés auraient conduit la BAD à suspendre certains décaissements. Pour l’entreprise chargée des travaux, cette situation se traduirait par des difficultés d’approvisionnement en carburant, bitume, ciment et émulsions. Dans un chantier routier, ces intrants conditionnent directement la capacité à maintenir les équipes et les engins en activité.

Le dossier illustre ainsi un problème plus large auquel sont confrontés les grands projets publics : la disponibilité du financement ne suffit pas à garantir leur exécution. Il faut également assurer la régularité des paiements, la mobilisation des entreprises, l’approvisionnement et le respect des calendriers contractuels. La BAD a par ailleurs indiqué que son portefeuille actif au Gabon avait fortement progressé ces dernières années, atteignant 365,6 milliards de FCFA en février 2026. L’enjeu est donc désormais de convertir ces engagements financiers en réalisations concrètes.