Abidjan sous tension : la rue gronde, l’opposition s’indigne



2025-10-11 14:07:00

Le climat politique en Côte d’Ivoire demeure sous haute tension à l’approche de la présidentielle, marquée par une série d’arrestations et de contestations autour des décisions du Conseil constitutionnel.



Treize membres du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ont été interpellés pour « complot contre l’autorité de l’État » et « troubles à l’ordre public », selon leur avocat, Me Sosthène Touré. Ces arrestations surviennent dans un contexte d’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition, dont le président du PDCI, Tidjane Thiam, et l’ancien président Laurent Gbagbo (2000–2011), tous deux écartés de la course à la magistrature suprême. Les autorités ivoiriennes justifient ces mesures par le rejet de leurs candidatures par le Conseil constitutionnel, qui a validé la liste définitive des candidats.

L’opposition dénonce ce qu’elle considère comme une manœuvre politique visant à verrouiller la compétition. Le PDCI et le Parti des peuples africains, formation de Laurent Gbagbo, avaient annoncé la tenue d’une marche pacifique pour le 4 octobre, afin de réclamer « démocratie, justice et paix ». Interdite par les autorités pour « risque de trouble à l’ordre public », la manifestation a été reportée. Jean-Chrysostome Blessy, avocat et membre du PDCI, a dénoncé la criminalisation du débat politique et appelé à la libération immédiate des militants arrêtés. Une seule des personnes interpellées aurait été relâchée après vérification de son identité, n’étant finalement pas membre du parti.

Les observateurs internationaux redoutent une résurgence des violences post-électorales, similaires à celles de 2010–2011, qui avaient fait plus de 3 000 morts. La tension actuelle rappelle à de nombreux Ivoiriens les sombres heures de cette crise.

Face à la montée des tensions, plusieurs voix, tant en Côte d’Ivoire qu’à l’international, appellent à un dialogue politique sincère et inclusif afin de préserver la paix et la stabilité du pays.