Cames 2025 : aucun gabonais parmi les lauréats, un naufrage académique qui met l’UOB face à ses responsabilités
2025-12-16 09:50:00
L’échec est total, public et sans appel. Au dernier concours d’agrégation du CAMES en Sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion, le Gabon repart bredouille. Aucun admis, tous les candidats éliminés dès l’épreuve des travaux. Un revers historique qui oblige l’Université Omar Bongo à une introspection profonde, bien au-delà d’une simple réunion de crise.
Le couperet est tombé à Dakar, lors de la 22ᵉ session du concours d’agrégation SJPEG organisée à l’Université Cheikh Anta Diop. Sur 215 candidats issus de 12 pays de l’espace CAMES, avec un taux d’admission global avoisinant 40 %, le Gabon s’illustre tristement par une performance inédite : zéro agrégé. Le constat, acté dans une note officielle du Rectorat datée du 15 décembre 2025, est sans détour : tous les candidats gabonais ont été ajournés dès l’épreuve des travaux, étape décisive où se jauge la solidité scientifique, la qualité de la recherche et la maturité intellectuelle. Le pays se retrouve ainsi relégué à la dernière place du classement.
Cet échec n’a rien d’accidentel. Il contraste brutalement avec un passé pas si lointain où le Gabon figurait régulièrement parmi les meilleurs du concours, occupant parfois les premières marches du podium académique régional. La chute est d’autant plus inquiétante qu’aucune circonstance exceptionnelle ne peut être invoquée : ni marginalisation, ni biais institutionnel, ni conditions défavorables. Le verdict renvoie directement à l’état réel du système universitaire, à la qualité de l’encadrement doctoral, à la gouvernance académique et aux mécanismes de préparation des candidats.
Conscient de la gravité de la situation, le Rectorat de l’Université Omar Bongo a convoqué une réunion de crise le 17 décembre 2025 à l’amphithéâtre Isaac Nguema. « Ces résultats doivent nous interpeller », écrit le recteur, le professeur Jean-Jacques Tony Ekomié. Mais l’enjeu dépasse largement un simple échange institutionnel. Ce zéro pointé pose une question centrale : l’université gabonaise est-elle encore en capacité de produire une recherche compétitive à l’échelle continentale, ou vit-elle désormais sur le capital symbolique de ses anciennes grandeurs ? Plus qu’un échec ponctuel, ce revers sonne comme un avertissement sévère : sans réforme profonde et courageuse, le déclassement académique pourrait devenir structurel.