Carburant : Quand le Gabon subit des pénuries alors qu’il a la capacité de tripler ses quantités de réserves



2026-10-13 14:32:00

Alors que le Gabon disposerait d’environ sept jours de réserves nationales en hydrocarbures, des installations de stockage construites à Owendo depuis 2021 pourraient permettre d’accroître significativement cette capacité. Pourtant, selon un courrier attribué à Gabon Special Economic Zone Ports S.A. (GSEZ), ces infrastructures auraient fait l’objet d’un transfert au département ministériel de tutelle après plusieurs mois d’attente pour leur mise en service. Une situation qui soulève des questions sur leur devenir et sur la sécurisation de l’approvisionnement national.



Daté du 30 novembre 2021 et adressé au ministre chargé du Pétrole, du Gaz et des Mines, le courrier qui circule sur les réseaux sociaux indique que les travaux du Gabon Liquid Storage Yard (GLSY), réalisés sous la supervision du consultant néerlandais Royal Haskoning, avaient été certifiés par le COTECH en mars 2021. GSEZ affirme avoir mis en service les installations dédiées au stockage du méthanol, après autorisation de la Direction générale des hydrocarbures (DGH), mais précise que les autres réservoirs attendaient toujours leur approvisionnement en produits pétroliers. L’entreprise y annonce le transfert de propriété du dépôt au département ministériel compétent, tout en se disant disposée à prendre en charge son exploitation dans l’attente d’un nouvel opérateur. Selon les informations avancées, la mise en service de l’ensemble de ces capacités pourrait porter les réserves stratégiques à 28 jours. Ce potentiel reste toutefois à confronter à la capacité réellement disponible et opérationnelle aujourd’hui.

L’urgence d’établir les responsabilités et l’état réel du dépôt

Plusieurs années après ce courrier, des informations non confirmées évoquent d’éventuelles dégradations des cuves liées à leur longue période d’inoccupation et à l’exposition au milieu marin, ainsi que la nécessité de travaux importants. Une expertise serait en cours, mais aucun élément officiel fourni à ce stade ne permet d’établir l’étendue des dommages ni le coût d’une éventuelle remise en état. Dès lors, plusieurs questions demeurent : quel est aujourd’hui le statut juridique et opérationnel du dépôt ? Pourquoi les réservoirs n’ont-ils pas été pleinement mis en service ? Quelle est leur capacité réellement exploitable et quel calendrier est envisagé pour leur utilisation ? Une communication circonstanciée du ministère de tutelle, de la DGH, de GSEZ, de la SOGARA et de la SGEPP permettrait de clarifier ce dossier. Car, au-delà des responsabilités institutionnelles, l’enjeu est stratégique : disposer de capacités de stockage fiables pour mieux protéger le pays contre les ruptures d’approvisionnement.