Chemin de fer : Le Transgabonais sur les rails de la modernisation



2025-12-03 09:47:00

Le Transgabonais est l’unique ligne ferroviaire au Gabon. Longue de 669 km, elle a été mise en service en 1986 et relie Owendo à Franceville. 40 ans après, l’infrastructure a vieilli. En effet, après évaluation des rames de voyageurs, il ressort le manque de confort, les retards fréquents, et surtout un niveau de sécurité préoccupant. Ces dysfonctionnements affectent non seulement la qualité de vie des passagers, mais freinent également le développement économique des régions desservies. Raison pour laquelle l’Etat a décidé d’engager le chantier de la modernisation.



À l’occasion de la visite officielle du Président de la République française, Emmanuel Macron à Libreville, et en présence du Président de la République gabonaise, Brice Oligui Nguema, la signature de la convention du Programme de Modernisation et de Sécurisation du Transgabonais (PMS) a été actée le lundi 24 novembre 2025. L’objectif de ce programme est clair. Fiabiliser et sécuriser durablement le réseau ferroviaire, d’en augmenter la capacité et la performance, tout en améliorant la qualité du transport de passagers et en renforçant les capacités institutionnelles du secteur ferroviaire.

Dans le détail, le PMS va permettre d’accroître la capacité de transport du Transgabonais pour atteindre jusqu’à 16 sillons par jour, soit huit trains dans chaque sens,  de sécuriser les infrastructures ferroviaires, notamment par la remise à niveau des ouvrages critiques et le traitement des zones instables , d’améliorer la fiabilité et la sécurité du transport des passagers, en modernisant les gares et en développant les services voyageurs , d’appuyer la mise en œuvre du projet et à renforcer les capacités de l’État et de la Société d’exploitation du Transgabonais.

Financé à hauteur de 203 millions d’euros, le PMS bénéficie d’un prêt souverain de 173 millions d'euros octroyé par l’AFD et d’un don de 30 millions d'euros de l’Union européenne. Le PMS devrait permettre de rendre le Transgabonais plus efficace pour le transport des ressources naturelles du Gabon, comme le manganèse, les grumes et autres marchandises nécessaires pour l’économie du pays. La modernisation du chemin de fer permettra également de réduire les coûts de transport et de stimuler le commerce international, de soutenir la croissance économique en facilitant le développement des régions intérieures, en favorisant l’emploi et en contribuant à l’amélioration des conditions de vie des populations locales.

La modernisation du Transgabonais inclut les actions sociales et les initiatives RSE, notamment : la réhabilitation et construction de centres médicaux le long de la voie ferrée, la livraison d’équipements hospitaliers modernes, la mise à disposition d’une ambulance médicalisée, conformément aux engagements présidentiels.

L’Etat va revoir son actionnariat

Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République a reçu le 28 novembre 2026, une délégation de la Société d’exploitation du Transgabonais, qui exploite le chemin de fer gabonais et d’Eramet, entreprise minière spécialisée dans l’extraction et la transformation du manganèse. Les échanges ont porté sur : la situation financière préoccupante de la Setrag, la nécessité de réviser l’actionnariat de l’État, la garantie d’une contribution effective des recettes au Trésor public et la refonte du modèle économique du transport ferroviaire au Gabon.

À l’issue de l’audience, le Président de la République a instruit la mise en place d’un groupe interministériel chargé de réexaminer la Convention liant l’État à la Setrag, afin d’assurer une gouvernance modernisée et conforme aux intérêts nationaux. L’on a appris au cours de cette rencontre que les recettes de la Setrag ne contribuent actuellement en rien au budget national. Une situation « jugée inacceptable et insoutenable ». Désormais, « la part revenant à l’État devra être versée directement au Trésor public, dans le strict respect des principes de transparence et de bonne gouvernance ». Il est temps de sortir des discours pour passer à l’action.