Chine : quand la désinformation en ligne pousse à légiférer



2025-10-29 09:42:00

Alors que les réseaux sociaux façonnent désormais l’opinion publique autant que les médias traditionnels, la Chine vient de franchir une nouvelle étape dans le contrôle des contenus diffusés en ligne.



Depuis le 25 octobre 2025, une nouvelle réglementation impose aux influenceurs abordant des sujets sensibles comme la médecine, le droit, la finance ou encore l’éducation, de prouver qu’ils disposent d’une formation officielle ou d’une certification reconnue.
L’objectif est de freiner la désinformation et protéger les citoyens contre les contenus trompeurs ou dangereux.

Cette mesure, émise par la Cyberspace Administration of China (CAC), vise notamment les créateurs de contenu qui, sans qualification, prodiguent des conseils médicaux ou financiers à des millions d’abonnés.
Les plateformes comme Douyin (l’équivalent chinois de TikTok), Weibo ou Bilibili sont désormais tenues de vérifier les diplômes et les accréditations professionnelles des influenceurs avant toute diffusion de contenus spécialisés.

Les autorités justifient cette décision par la montée en puissance des fausses informations médicales, des conseils financiers risqués, ou encore de pseudo-formations juridiques diffusées sur les réseaux.
Si les sanctions précises restent floues, la mesure marque une volonté de responsabiliser les créateurs et de restaurer la confiance dans les espaces numériques.

L’initiative chinoise pose un débat mondial : jusqu’où peut-on réguler le contenu en ligne sans nuire à la liberté d’expression ? Car si la désinformation est une menace réelle, un contrôle excessif pourrait devenir un outil politique.

Cependant, le constat est tout aussi universel : certaines vidéos virales, notamment dans les domaines de la santé, du développement personnel ou de la finance rapide, ont parfois conduit à des comportements dangereux, voire à des drames. Le pouvoir de l’influence ne s’accompagne pas toujours de la responsabilité nécessaire.

Au Gabon aussi, les réseaux sociaux sont devenus des espaces d’expression puissants. Mais on y observe une montée des contenus approximatifs ou non vérifiés, notamment sur les sujets de santé publique, d’entrepreneuriat financier ou de citoyenneté.

Plutôt qu’une censure, il s’agirait ici de promouvoir une hygiène numérique : vérifier les sources avant de partager, s’assurer que l’auteur d’un contenu est compétent sur le sujet, signaler les fausses informations et encourager la formation des créateurs à la vérification des faits. La régulation doit aller de pair avec l’éducation numérique, afin que chaque internaute, influenceur ou simple utilisateur, devienne acteur de la fiabilité des informations qu’il relaie.

L’exemple chinois, bien qu’autoritaire dans sa mise en œuvre, soulève une question essentielle : faut-il laisser les algorithmes et les “likes” décider de la vérité ? Au Gabon, une réflexion sur l’éthique de la parole en ligne et la responsabilité numérique des créateurs pourrait constituer un pas décisif vers un Internet plus sain, plus sûr et plus citoyen.