Crise scolaire au Gabon : les enseignants appellent le président Oligui Nguema à intervenir
2026-01-19 11:13:00
Malgré l’annonce officielle de reprise des cours le 19 janvier 2026, la grève des enseignants continue, reflétant une crise profonde dans le secteur de l’éducation nationale.
La crise qui secoue le système éducatif public gabonais montre peu de signes d’apaisement, alors que le ministère de l’Éducation nationale a annoncé la reprise des cours à compter du lundi 19 janvier 2026. Face à un bras de fer prolongé avec le gouvernement, une partie de la base syndicale appelle désormais directement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à intervenir pour débloquer la situation.
Réunis en assemblée générale le samedi 17 janvier au terrain de basket d’Awendjé, les enseignants ont décidé de maintenir le mouvement de grève. Ils ont rejeté les propositions gouvernementales, jugées insuffisantes, notamment en matière de régularisation administrative, de paiement des rappels de solde et d’amélioration des conditions de travail. Plusieurs interventions ont également dénoncé une rupture de confiance avec certains leaders syndicaux, accusés de compromission, traduisant une fracture au sein même du mouvement.
Pour les grévistes, les annonces du ministère, évoquant « des avancées significatives du dialogue avec les partenaires sociaux », restent déconnectées de la réalité du terrain. Les syndicats tels que le SENA et le collectif SOS Éducation maintiennent que leurs revendications essentielles ne sont toujours pas satisfaites, laissant présager que les salles de classe pourraient rester fermées.
Au-delà du conflit immédiat, cette crise révèle un malaise plus profond entre l’État et le corps enseignant. Chaque jour de paralysie accentue le risque d’une année scolaire compromise, voire d’une « année blanche », avec des conséquences lourdes pour les élèves des écoles publiques, majoritairement issus de familles modestes. L’écart se creuse avec le secteur privé, renforçant une éducation à deux vitesses déjà largement critiquée.
Dans ce contexte, de nombreux enseignants estiment qu’une rencontre directe avec le président Oligui Nguema pourrait constituer un tournant décisif. Son implication personnelle permettrait, selon eux, de restaurer la confiance, de clarifier les engagements et de convaincre la base de reprendre les cours.
Sans un geste politique fort de la part du chef de l’État, la crise pourrait s’enraciner davantage, au détriment des élèves et de la crédibilité du dialogue social. Pour la majorité des enseignants, il ne s’agit plus de communiquer, mais d’agir, afin de transformer les promesses en actes concrets et de garantir une reprise durable des activités pédagogiques.