Éducation : 1 000 postes budgétaires au cœur de la crise des confessionnels



2026-05-12 11:13:00

Face à la grève des enseignants de l’ordre confessionnel qui perturbe depuis plusieurs jours le secteur éducatif gabonais, le gouvernement a décidé de passer à l’action. Réunis hier autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, les ministres concernés et les représentants des grévistes ont engagé des discussions de crise ayant débouché sur la mise en place d’une commission interministérielle chargée d’examiner la problématique sensible des postes budgétaires.



Cette rencontre organisée au sommet de l’exécutif avait principalement pour objectif de désamorcer les tensions liées aux recrutements et à l’intégration des enseignants confessionnels dans la Fonction publique. Au centre des échanges figurait notamment la question des 1 000 postes budgétaires accordés par le chef de l’État aux établissements protestants, islamiques et catholiques. Selon la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, des avancées significatives ont déjà été enregistrées dans le traitement des dossiers. « Nous avons déjà 809 fiches bleues qui ont été envoyées à la Fonction publique et qui sont en attente de transmission au niveau du budget », a-t-elle expliqué. Toutefois, 191 dossiers nécessitent encore des compléments d’informations devant être fournis par les différents ordres confessionnels avant leur validation définitive.

Pour les autorités, cette réunion de crise visait également à instaurer un cadre de dialogue plus structuré entre le gouvernement et les représentants des enseignants grévistes. La création d’une commission interministérielle traduit ainsi la volonté de coordonner plus efficacement le traitement administratif et budgétaire des recrutements concernés. Ces postes budgétaires sont considérés comme des situations régulières destinées à être intégrées au sein du ministère de l’Éducation nationale afin de stabiliser durablement le fonctionnement des établissements confessionnels souvent confrontés à des difficultés de prise en charge du personnel enseignant.

À l’issue des échanges, le représentant du collectif des enseignants confessionnels, Duffy Ella Minto’o, s’est montré relativement satisfait des engagements pris par les autorités. « Nous sortons heureux, parce que la décision qui vient d'être prise est importante : le vice-président du gouvernement a été sensible à nos cris », a-t-il déclaré, saluant notamment la prise en compte immédiate des 809 dossiers déjà transmis à la Fonction publique. Tout en se disant rassurés par l’évolution des discussions, les représentants des grévistes ont néanmoins rappelé que la décision finale concernant la poursuite ou la suspension du mouvement reviendra à la base.

Conscient des risques que cette crise fait peser sur le système éducatif, Hermann Immongault a insisté sur la nécessité de parvenir rapidement à une solution durable. Cette mobilisation gouvernementale intervient dans un contexte où les questions de recrutement, de régularisation administrative et de conditions de travail des enseignants demeurent au cœur des préoccupations du secteur éducatif gabonais. Pour les observateurs, l’issue de ce dossier constituera un test important de la capacité du gouvernement à gérer les tensions sociales tout en accélérant les réformes promises dans l’éducation nationale.