Ebomaf : salaires payés, mais les tensions sociales persistent au chantier du PK10



2026-05-08 10:42:00

Face aux vidéos et témoignages relayés sur les réseaux sociaux concernant un mouvement social au chantier d’Ebomaf au PK10 de Libreville, la direction de l’entreprise sort du silence. Entre accusations de licenciements abusifs, revendications liées aux droits sociaux et explications sur les dysfonctionnements administratifs, le groupe burkinabè tente de reprendre le contrôle de sa communication et d’apaiser un climat devenu sensible



Alors que les contestations d’employés ont récemment gagné en visibilité sur les plateformes numériques, Serge Alioune Motsinda, Chargé des relations extérieures d’Ebomaf, a tenu à clarifier la position de l’entreprise. Premier élément avancé : l’absence d’arriérés de salaires. Selon lui, depuis son implantation au Gabon il y a un an, l’entreprise a toujours assuré le paiement régulier des rémunérations. Une précision destinée à dissiper les rumeurs d’impayés qui circulent depuis plusieurs jours. Toutefois, derrière cette stabilité salariale affichée, subsistent des frustrations liées aux droits sociaux, notamment le paiement des congés. Sur ce point, la direction reconnaît l’existence de difficultés mais affirme que des mesures de régularisation sont déjà engagées afin d’apaiser les tensions au sein du personnel.

L’autre sujet sensible concerne les licenciements dénoncés par certains travailleurs comme étant abusifs. Là encore, Ebomaf apporte sa propre lecture des faits. L’entreprise évoque plusieurs cas de fautes lourdes ayant conduit à des renvois : ventes illicites de carburant par des chauffeurs, absences répétées malgré des avertissements ou encore utilisation du matériel de chantier à des fins personnelles. Des comportements que la direction considère incompatibles avec les exigences de discipline et de sécurité imposées sur un chantier d’une telle envergure. Tout en assumant ces décisions, le porte-parole de l’entreprise rappelle néanmoins que les salariés estimant avoir subi un préjudice disposent de voies légales de recours, notamment auprès de l’inspection du travail.

Au-delà du conflit social lui-même, cette affaire met également en lumière les défis organisationnels auxquels fait face une entreprise encore récente dans le paysage gabonais. La question des bulletins de salaire, également soulevée par les travailleurs, serait liée au processus de bancarisation toujours en cours. Si le personnel administratif est déjà intégré au système bancaire, les équipes opérationnelles rencontreraient encore plusieurs obstacles techniques : dossiers incomplets, mouvements fréquents du personnel, absences et licenciements perturbant la stabilisation des fichiers administratifs. Ebomaf assure toutefois qu’il s’agit d’une situation transitoire et se veut rassurante quant à un retour rapide à la normale. En misant sur le dialogue social et la régularisation progressive des procédures internes, l’entreprise espère tourner rapidement cette page de turbulences sociales qui fragilise son image au moment où elle cherche à renforcer sa présence au Gabon.