Fête des cultures : 72 heures de transmission de l’héritage gabonais réussies
2026-08-24 10:43:00
Pendant trois jours, du 20 au 23 août, l’Avenue Jean-Paul II s’est transformée en une vaste scène de transmission culturelle. Danses, musiques, gastronomie et savoir-faire ont réuni les neuf provinces du Gabon et le Sénégal autour d’un même enjeu : faire de la culture un patrimoine vivant, partagé et transmis aux nouvelles générations.
Les lampions de la 15e édition de la Fête des cultures se sont éteints dimanche 23 août, après 72 heures d’immersion au cœur des identités gabonaises. Placée sous le thème de la « Réappropriation de nos valeurs culturelles », cette édition a dépassé le simple cadre festif pour prendre les contours d’un véritable rendez-vous pédagogique. De l’Estuaire au Woleu-Ntem, en passant par la Ngounié, la Nyanga ou encore l’Ogooué-Ivindo, les traditions ont investi l’Avenue Jean-Paul II à travers les danses, les chants, les mets et les savoir-faire. La présence des chefs coutumiers et des sages a donné à l’événement une dimension particulière : celle d’une transmission directe entre détenteurs de la mémoire collective et jeunes générations.
C’est sans doute là que réside l’un des principaux enseignements de cette 15e édition. Les jeunes n’étaient plus de simples spectateurs. Dans les ateliers et lors des démonstrations de danses traditionnelles comme le Ndjembe ou l’Ikoku, ils ont appris les gestes, tenté les pas et participé aux performances. La culture s’est ainsi donnée à voir, mais surtout à vivre. Une démarche essentielle à l’heure où la mondialisation et la circulation accélérée des contenus tendent parfois à éloigner une partie de la jeunesse de ses repères traditionnels. En mettant l’accent sur l’immersion intergénérationnelle, le ministère du Rayonnement culturel, conduit par Paul Ulrich Kessany, semble avoir fait le choix d’une culture moins contemplative et davantage transmise par l’expérience.
Le point d’orgue de cette célébration restera également le « bal des anciens », organisé le samedi 22 août. Hilarion Nguema, Martin Rompavet, Aziz Inanga, Pauline Paska ou encore Dominique Douma ont fait résonner les grandes heures de la musique gabonaise devant un public où se côtoyaient plusieurs générations. Le succès de cette séquence a confirmé une évidence : certaines œuvres survivent au temps lorsqu’elles continuent d’être partagées. Près de trois décennies après le lancement du concept par Paul Mba Abessole en 1997, la Fête des cultures retrouve ainsi son ambition première : rappeler que le patrimoine n’est pas un héritage figé, mais une mémoire qui ne demeure vivante qu’à condition d’être transmise.