Afrique du Sud : Les hommes peuvent désormais porter le nom de leur épouse



2026-08-24 09:38:00

Un choix de nom qui bouscule les traditions. En Afrique du Sud, la Cour constitutionnelle vient de simplifier les démarches permettant à un homme marié d’adopter le nom de famille de son épouse. Une décision qui entend mettre fin à une disposition jugée discriminatoire et questionner, au passage, les normes patriarcales encore présentes dans la législation.



Jusqu’ici, un Sud-Africain souhaitant prendre le nom de sa femme devait adresser une demande au ministère de l’Intérieur, avec une procédure complexe et une autorisation qui n’était pas systématiquement accordée. La Cour constitutionnelle a estimé que ces restrictions étaient discriminatoires, considérant qu’elles contribuaient à maintenir des normes de genre imposant notamment aux femmes certaines façons d’exprimer leur identité.

Cette décision fait suite au recours de deux couples confrontés à des situations particulières. Dans le premier cas, le mari souhaitait contribuer à préserver le nom de famille de son épouse, fille unique. Dans le second, le changement de nom devait notamment permettre au mari de rendre hommage à ses beaux-parents, décédés alors que sa future épouse était encore jeune. Deux histoires personnelles qui ont finalement contribué à faire évoluer le droit sud-africain.

Au-delà du cas sud-africain, le choix du nom après le mariage varie fortement selon les pays et les traditions. En Chine et en Corée du Sud, les époux conservent généralement leur nom de naissance. En Espagne ou en Italie, le nom de naissance reste également attaché à la personne, tandis qu’en France, en Belgique, en Allemagne ou au Canada, un homme peut, selon les règles en vigueur, utiliser le nom de son épouse comme nom d’usage. La question de la transmission aux enfants ajoute encore une dimension à ce débat, certaines traditions africaines combinant notamment lignées paternelle et maternelle.

Cette évolution s’inscrit enfin dans une histoire sud-africaine marquée par plusieurs avancées en matière de droits et de modèles familiaux. Depuis la légalisation du mariage entre personnes de même sexe en 2006, le pays continue de faire évoluer son cadre juridique autour de la famille et de l’égalité. Avec cette nouvelle décision, c’est désormais le choix du nom de famille qui s’affranchit un peu plus des rôles traditionnellement associés aux hommes et aux femmes.