Fer de Milingui : le Gabon signe sa première convention avant production
2026-05-18 11:32:00
Avec un gisement estimé à 500 millions de tonnes et un lancement prévu dès novembre, le projet de Milingui marque une nouvelle étape dans la stratégie minière du Gabon. La signature de cette première convention d’exploitation du fer ouvre la voie à des milliers d’emplois et à une accélération de la diversification économique du pays.
Le Gabon accélère sa montée en puissance dans le secteur minier. Le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, a signé vendredi dernier une convention d’exploitation avec Havilah Mining Gabon, marquant ainsi la première convention de fer conclue avant même le lancement officiel de la production. Cette signature constitue une étape majeure pour le projet de Milingui, qui clôture près de neuf années d’exploration géologique et ouvre désormais la voie à la phase industrielle. Selon les autorités, le démarrage effectif de la production est attendu dès le mois de novembre prochain, dans un contexte où le Gabon cherche à renforcer la valorisation de ses ressources naturelles et à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers.
Les études réalisées sur le site ont permis d’estimer le potentiel du gisement à environ 500 millions de tonnes de minerai de fer, confirmant l’importance stratégique du projet à l’échelle nationale. Dans une première phase, l’exploitation portera principalement sur le minerai à expédition directe, connu sous l’appellation Direct Shipping Ore (DSO), dont les réserves sont évaluées à près de 35 millions de tonnes. Ce type de minerai présente un avantage économique majeur : il peut être exporté rapidement sans nécessiter de lourdes opérations de transformation préalable, permettant ainsi une mise en production plus rapide et une rentabilité immédiate pour l’opérateur. À travers cette approche progressive, le Gabon espère attirer davantage d’investissements miniers et renforcer son attractivité auprès des grands acteurs internationaux du secteur extractif.
Au-delà des enjeux industriels, le projet de Milingui affiche également d’importantes ambitions sociales. Selon Gabriel Kamga, la première phase d’exploitation devrait permettre la création de 530 emplois directs et de près de 1 100 emplois indirects. À horizon de trois ans, une seconde phase pourrait porter ces chiffres à plus de 830 emplois directs et plus de 2 000 emplois indirects. Pour les autorités gabonaises, ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de diversification économique engagée depuis plusieurs années. Alors que la production pétrolière du pays connaît un déclin progressif, le développement du fer apparaît désormais comme l’un des leviers capables de repositionner le Gabon parmi les grands producteurs miniers africains et de soutenir une nouvelle dynamique industrielle fondée sur l’exploitation et la valorisation des ressources locales.