Violences scolaires au Gabon : une caravane pour prévenir plutôt que punir



2026-05-19 10:22:00

Face à la recrudescence des violences en milieu scolaire, l’ONG SOS Prisonniers, avec l’appui de l’Union européenne et des autorités judiciaires, lance une campagne de sensibilisation pour alerter les élèves sur les conséquences pénales de leurs actes.



La violence en milieu scolaire prend une ampleur préoccupante au Gabon. Entre bagarres, harcèlement, intimidations et introduction d’objets dangereux dans les établissements, les incidents se multiplient, souvent amplifiés par les réseaux sociaux. Une réalité inquiétante qui expose de plus en plus de jeunes à des poursuites judiciaires précoces.

Pour répondre à cette situation, l’ONG SOS Prisonniers, en partenariat avec l’Union européenne et la direction générale des Droits de l’Homme, a lancé une caravane nationale de sensibilisation baptisée « Droits humains et violences en milieu scolaire ». Cette initiative itinérante a récemment marqué une étape au Lycée Georges Mabignath, à Libreville, et se poursuivra dans plusieurs établissements jusqu’au 22 mai.

Objectif : informer, prévenir et responsabiliser les élèves. Car au Gabon, la responsabilité pénale commence dès l’âge de 13 ans. Un simple acte de violence peut ainsi entraîner arrestation, condamnation, voire emprisonnement, avec des conséquences durables sur le parcours scolaire et l’avenir professionnel des jeunes concernés.

Pour Lionnel Engonga, président de SOS Prisonniers, le constat est sans appel : « Chaque jour, des cas de violence sont enregistrés dans les écoles, et certains élèves basculent dans l’engrenage judiciaire pour des actes qu’ils n’évaluent pas toujours à leur juste gravité. »

Au cœur des échanges avec les élèves, une réalité revient avec insistance : beaucoup affirment agir pour se défendre face au harcèlement ou aux moqueries. Mais cette réaction, souvent disproportionnée, peut les transformer en agresseurs aux yeux de la loi. La caravane insiste donc sur une notion essentielle : la légitime défense doit rester proportionnée.

Autre enjeu majeur soulevé : le silence des victimes. Par peur d’être stigmatisés ou accusés de dénonciation, de nombreux élèves n’osent pas signaler les violences. Les organisateurs martèlent ainsi un message clé : parler, c’est se protéger et protéger les autres.

À travers cette campagne, SOS Prisonniers ambitionne d’inscrire durablement la prévention des violences et l’éducation aux droits humains dans le système éducatif gabonais. Car pour ses initiateurs, il ne s’agit pas seulement de sanctionner, mais bien de former une jeunesse consciente, responsable et protégée.