Fermeture de CK2 prévue le 31 janvier : mais que deviendront les salariés ?
2026-01-21 10:36:00
Le 31 janvier 2026 approche. À moins de deux semaines de cette date annoncée comme celle de la fermeture du magasin CK2 au centre-ville de Libreville, à deux pas du Casino, une question s’impose avec insistance : que deviendront les salariés ?
Depuis plusieurs semaines, la direction de la CECA-GADIS communique abondamment sur sa transformation stratégique, son plan « Excellence 2024-2027 », la relocalisation de certaines enseignes, l’innovation managériale ou encore l’ambition de moderniser la distribution au Gabon. Mais au cœur de ce grand récit institutionnel, un angle mort demeure : le sort concret des agents de CK2 Centre-ville, soit près d’une centaine de familles plongées dans une incertitude totale.
Une fermeture prévue, des réponses absentes
La fermeture du magasin historique CK2 ouvert en 1978n’est plus un secret. Elle est présentée comme un « réajustement stratégique », rendu nécessaire par la baisse de fréquentation d’un centre-ville devenu essentiellement administratif. Soit. Mais derrière cette rationalité économique assumée, une réalité sociale beaucoup plus brutale se dessine.
À ce jour, selon plusieurs témoignages concordants recueillis auprès d’agents du magasin, aucune information claire et formelle ne leur a été communiquée sur :
Rien. Ou presque. Des annonces générales, des discours globaux, mais aucune décision individualisée, aucun calendrier précis, aucun document officiel transmis aux salariés concernés.
Comment est-ce possible ?
Comment une entreprise qui revendique un engagement social fort, un dialogue social constructif et une transformation « responsable » peut-elle laisser perdurer un tel flou à quelques jours d’une fermeture annoncée ?
Comment concilier la communication institutionnelle vantant l’anticipation, la rigueur et la planification, avec une situation où les premiers concernés, les agents, ne savent toujours pas s’ils auront un emploi, un salaire, ou une perspective au-delà du 31 janvier ?
La question mérite d’être posée : la stratégie se fait-elle désormais sans les salariés ?
Une crise humaine derrière la crise économique
Il ne s’agit pas ici de nier les difficultés structurelles auxquelles fait face la CECA-GADIS : suppression des aides de l’État depuis 2018, inflation, hausse des charges, mutation des comportements de consommation. La direction l’a expliqué, chiffres à l’appui. Mais reconnaître une crise économique ne dispense pas de gérer humainement ses conséquences.
Car derrière CK2 , ce ne sont pas des lignes comptables qui ferment, mais des vies professionnelles, des trajectoires personnelles, des familles entières suspendues à une décision qui ne vient pas.
Dans un pays où le chômage reste élevé et où la protection sociale demeure fragile, l’incertitude prolongée équivaut déjà à une violence sociale.
Le silence comme stratégie ?
Pourquoi ce silence persistant alors que l’échéance est imminente ? Pourquoi aucune prise de parole spécifique sur le cas des agents de CK2 Centre-ville ?
Pourquoi aucune réunion formelle, aucun communiqué interne clair, aucun engagement public sur leur devenir ?
À force de ne pas répondre, la direction laisse place aux hypothèses les plus inquiétantes. Certains salariés évoquent la crainte d’une fermeture sèche, sans accompagnement réel. D’autres redoutent que les discussions se fassent « au sommet », loin du terrain, pendant que le temps joue contre eux.
Ce silence interroge. Est-il le signe d’une désorganisation ? D’arbitrages encore en cours ? Ou d’une volonté de gagner du temps au détriment des agents ?
Une cohérence à prouver
La CECA-GADIS affirme vouloir être un acteur responsable, inclusif, engagé dans le développement local. Elle promeut aujourd’hui le modèle de « Propriétaire Partenaire Affilié » pour soutenir l’entrepreneuriat national. Mais comment parler d’inclusion économique quand ses propres salariés restent dans l’ignorance la plus totale de leur sort immédiat ?
La transformation d’une entreprise ne se mesure pas uniquement à ses plans stratégiques ou à ses discours dans la presse. Elle se juge aussi, et surtout, à la manière dont elle traite ses travailleurs dans les moments difficiles.
Le temps presse. Le 31 janvier, c’est dans moins de deux semaines.
Chaque jour qui passe sans clarification accentue l’angoisse des agents.
Chaque silence supplémentaire fragilise un peu plus la confiance.
Il est encore temps pour la direction de la CECA-GADIS de lever le flou, de parler clairement, d’assumer ses décisions et d’expliquer, sans détour, ce qui attend les agents de CK2
À défaut, une question restera suspendue, lourde de sens : peut-on prétendre réinventer le commerce de demain en laissant ceux qui l’ont fait vivre hier dans l’ombre et l’incertitude ?