Football gabonais : fin annoncée des subventions publiques aux clubs



2026-02-23 09:50:00

Le ministre Paul Ulrich Kessany acte le retrait progressif de l’État et impose l’autonomie financière comme condition de survie en D1 et D2.



Le ton est clair, et cette fois, il se veut sans ambiguïté. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Paul Ulrich Kessany, a annoncé devant les présidents des clubs que l’État mettra un terme aux subventions versées aux formations de National 1 et de D2 dès la saison 2026-2027. L’exercice 2025-2026 sera donc le dernier soutenu par le budget public. Pour accompagner cette sortie, le gouvernement a consenti un ultime effort : 90 millions de FCFA par club de National 1, contre 73 millions la saison précédente, et 60 millions pour ceux de D2. Quatre-vingts pour cent des montants seront débloqués dès le démarrage des championnats afin d’éviter les arrêts de compétition qui ont régulièrement paralysé le calendrier sportif.

Le message est double : assurer une transition ordonnée et mettre fin à la dépendance chronique des clubs à l’argent public. Dès la saison suivante, seuls les clubs capables de s’autofinancer seront autorisés à évoluer dans l’élite et en deuxième division. Le ministre, ancien international, s’est dit prêt à assumer un championnat réduit à huit équipes au lieu de quatorze si nécessaire. Une position radicale, qui traduit une volonté de restructuration en profondeur. Libreville mise sur la mise en place de mécanismes de mécénat et sur l’attraction du secteur privé pour soutenir les clubs, tout en exigeant une gestion comptable rigoureuse, sous peine de sanctions immédiates.

Ce discours n’est toutefois pas inédit. Sous l’ancien ministre Franck Nguema, une transition vers l’autonomie financière avait déjà été annoncée, sans aboutir. La différence aujourd’hui résidera dans l’exécution. Mettre fin aux subventions est une décision politique forte ; réussir la mutation du modèle économique du football gabonais sera un défi structurel. Sans sponsors solides, sans billetterie professionnalisée et sans gouvernance transparente, l’ambition d’autonomie pourrait rapidement se heurter à la réalité. Le compte à rebours est lancé.