Frontière Gabon–Guinée équatoriale : Libreville suspend les discussions



2026-07-30 10:08:00

Le Gabon a suspendu les discussions avec la Guinée équatoriale sur leur différend frontalier, dénonçant des déclarations « mensongères » de Malabo. Libreville conditionne toute reprise des échanges au rétablissement de la vérité et à des garanties de bonne foi.



Le différend frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale connaît un nouveau tournant. Alors qu’un Accord-cadre venait d’être signé le 28 juillet à Addis-Abeba, sous l’égide de l’Union africaine (UA), Libreville a décidé de suspendre sa participation aux négociations, dénonçant une dérive dans l’interprétation des engagements pris.

Dans un communiqué officiel signé par l’ambassade du Gabon en Éthiopie et auprès de l’Union africaine, les autorités gabonaises justifient cette décision par la diffusion de « déclarations mensongères, trompeuses et diffamatoires » attribuées à la partie équato-guinéenne. Selon Libreville, ces propos viseraient à faire croire que le Gabon aurait accepté une délimitation territoriale favorable à Malabo, ce que le gouvernement dément fermement.

Pour la partie gabonaise, l’accord signé ne constituait qu’un cadre de discussion destiné à favoriser un dialogue constructif entre les deux États, notamment sur les modalités d’application de l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice (CIJ). En aucun cas, insiste-t-elle, cet engagement ne saurait être interprété comme une reconnaissance, une modification ou une délimitation des frontières internationales.

Libreville dénonce ainsi une interprétation « unilatérale, abusive et manifestement contraire » à l’esprit de l’accord par les autorités de Malabo. Une situation jugée suffisamment grave pour entraîner la suspension de l’Accord d’engagement conjoint, signé en marge de la 51e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine.

Désormais, le Gabon conditionne son retour à la table des négociations à plusieurs exigences : le retrait des déclarations incriminées, le rétablissement de la vérité et l’obtention de garanties fondées sur la bonne foi, le respect mutuel et la confiance réciproque.

Cette escalade verbale et diplomatique fragilise davantage un processus déjà sensible, alors que les deux pays sont appelés à trouver une issue pacifique à ce différend frontalier de longue date.