Gabon : malaise grandissant chez les enseignants face à une administration à bout de souffle
2025-12-10 11:15:00
Entre retards administratifs, absence de perspectives claires et décisions ministérielles controversées, les enseignants de l’Éducation nationale tirent la sonnette d’alarme.
La récente note de la DCRH destinée aux agents partant à la retraite en 2026 cristallise les inquiétudes, révélant un système administratif fragilisé et déconnecté des réalités du terrain.
La situation des enseignants gabonais n’a jamais semblé aussi préoccupante. Depuis plusieurs mois, un profond sentiment d’abandon s’installe au sein de la profession, confrontée à une cascade de difficultés administratives et à l’absence de signaux rassurants de la part des autorités. Les retards répétés dans les dossiers de carrière, les promotions gelées, les affectations tardives et les décisions ministérielles peu lisibles alimentent un malaise devenu structurel.
La publication récente d’une note de la Direction centrale des ressources humaines (DCRH) du Ministère de l’Éducation nationale vient ajouter une couche d’incompréhension. Destiné aux agents publics appelés à faire valoir leurs droits à la retraite en 2026, le document suscite surprise et inquiétude dans les rangs des enseignants. Beaucoup y voient l’illustration d’un appareil administratif essoufflé, incapable de garantir des transitions professionnelles claires, transparentes et respectueuses des parcours individuels.
Les syndicats et acteurs du système éducatif dénoncent également une marginalisation progressive du corps enseignant. Pour eux, la multiplication de notes internes, prises sans concertation, traduit une gouvernance marquée par l’improvisation et le manque d’accompagnement. Les enseignants estiment payer le prix d’un système trop souvent centré sur l’urgence, au détriment d’une vision stratégique et durable pour la profession.
À travers les salles de classe comme dans les bureaux administratifs, la frustration est palpable. Beaucoup réclament une réforme profonde : digitalisation des dossiers, clarification des procédures, mise en place d’un calendrier prévisible pour les avancements, et surtout, un dialogue social véritable. Des mesures qui, selon eux, pourraient redonner sens et stabilité à une profession pourtant centrale dans la construction de l’avenir du pays.
En attendant, le malaise s’installe et grandit. Pour de nombreux enseignants, la note de la DCRH n’est pas un simple document administratif : elle symbolise un système éducatif qui vacille et qui peine à offrir aux acteurs de première ligne la reconnaissance et les garanties qu’ils méritent. Reste désormais à savoir si les autorités prendront la mesure de cette crise silencieuse avant qu’elle ne devienne ouverte.