Grève générale illimitée à Gabon Télévision : les agents passent à l’action
2026-01-23 10:15:00
Après plusieurs mois d’attente sans réponse jugée satisfaisante de la part des autorités compétentes, les agents de Gabon Télévision, chaîne publique nationale, ont déclenché ce jeudi 22 janvier 2026 une grève générale illimitée. Le mouvement concerne également les services associés du groupe audiovisuel public et perturbe, dès ce premier jour, le fonctionnement normal de la chaîne.
Selon un membre du collectif des agents joint par notre rédaction, la grève s’accompagne de la mise en place d’un service minimum, conformément aux dispositions de la fonction publique. « Nous sommes entrés en grève aujourd’hui. Il y a un service minimum. Nous travaillons jusqu’à 15 heures, et les journaux télévisés et radiophoniques sont réduits à 10 minutes », a-t-il expliqué. Une situation qui se traduit, pour les téléspectateurs et auditeurs, par des éditions fortement écourtées du Journal Télévisé et une programmation limitée aux plages matinales et au début de l’après-midi.
À l’origine de ce mouvement social, des revendications qualifiées de « claires et récurrentes » par les grévistes. Les agents réclament en priorité l’érection d’un statut particulier pour les communicateurs, un dossier ancien qui, selon eux, n’a jamais abouti malgré de nombreuses promesses. Ils exigent également une amélioration tangible de leurs conditions de travail, ainsi que le paiement effectif de plusieurs primes, notamment les primes vestimentaires, de garde et de risques.
Ces indemnités sont jugées légitimes par les agents au regard des contraintes spécifiques liées à leur métier, notamment les horaires atypiques, l’exposition médiatique permanente et les risques professionnels encourus. Le climat social à Gabon Télévision s’inscrit par ailleurs dans un contexte plus large de tensions sociales au sein de l’administration publique, marqué notamment par la grève prolongée des enseignants du secteur éducatif.
Les agents affirment avoir longtemps privilégié la voie du dialogue avant d’opter pour la grève. « Nous avons attendu en vain une réponse concrète des autorités compétentes », déplore un autre membre du collectif. À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée ni du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Poste, ni de la direction générale de Gabon Télévision.
Déclarée illimitée, la grève pourrait se prolonger et affecter durablement la diffusion de l’information publique à l’échelle nationale. Les agents assurent toutefois qu’un service minimum sera maintenu tant que leurs revendications n’auront pas trouvé de réponses concrètes et satisfaisantes.