Guinée-Bissau : la CEDEAO suspend le pays après le renversement d’Embaló
2025-11-29 19:57:00
Après le coup d’État du 26 novembre 2025 qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló, la CEDEAO a immédiatement suspendu la Guinée-Bissau et lancé une mission d’urgence pour tenter de contenir l’instabilité.
La CEDEAO a réagi avec fermeté au renversement du président Umaro Sissoco
Embaló, survenu le 26 novembre 2025. Dans les heures ayant suivi le putsch,
l’organisation régionale a annoncé la suspension immédiate de la Guinée-Bissau
de toutes ses instances dirigeantes. Cette décision, conforme à ses protocoles
sur la démocratie et la bonne gouvernance, marque une nouvelle tentative de
protéger la région des dérives militaires récurrentes.
Le général Horta N’Tam, ancien chef
d’état-major de l’armée de terre, a été proclamé président de la transition
pour une durée d’un an. Dans son premier discours, il a justifié la prise de
pouvoir par la nécessité de lutter contre le narcotrafic et la corruption, deux
fléaux qui fragilisent depuis longtemps la stabilité du pays. Il promet une
transition « courte et ordonnée », mais les partenaires régionaux restent
prudents.
Face à la rupture de l’ordre constitutionnel,
la CEDEAO a mis en place une mission de médiation urgente dépêchée à Bissau.
Parallèlement, elle a coordonné l’exfiltration sécurisée du président déchu
vers le Sénégal, afin d’éviter toute escalade immédiate de la violence ou
tentatives de contre-offensive.
Cette crise s’inscrit dans un cycle
d’instabilité politique presque chronique en Guinée-Bissau. Depuis
l’indépendance en 1974, le pays a été marqué par une succession de coups d’État
et de transitions tumultueuses. Les espoirs de stabilité, nés après quelques
années d’accalmie, semblent à nouveau compromis.
Le putsch survient dans un contexte
particulièrement sensible, alors que le pays attendait encore les résultats de
l’élection présidentielle du 23 novembre 2025. Pour les analystes, ce climat
d’incertitude électorale a pu accentuer les tensions au sein des forces armées.
Reste désormais à savoir si la médiation régionale parviendra à rétablir un
processus institutionnel crédible.