Hydrocarbures : Les subventions aux carburants pèsent sur la trésorerie des pays de la CEMAC
2026-10-20 11:13:00
La Banque des Etats de l’Afrique Centrale a rendu public il y a peu, le rapport sur l’évolution de l’inflation dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) à fin juin 2026. Du document, il ressort que les subventions aux carburants dont la principale composante est dédiée au maintien des prix à la pompe ont augmenté. En valeur absolue, elles sont passées selon la banque centrale de 1 828,3 milliards FCFA en 2020 à 3 388,3 milliards FCFA en 2026, soit une hausse de 85,3 % sur la période. Rapportées au PIB, les subventions représentent respectivement 3,33% en 2020, 3,04% en 2021, 4,14% en 2022, 4,28% en 2023, 4,02% en 2024, 3,26% en 2025 et 4,03% en 2026. Leur poids en 2026 est donc proche de celui observé en 2022 et 2024.
Au Gabon par exemple où la sécurité énergétique s’impose comme un enjeu majeur, l’Etat a consacré 30 milliards de FCFA à la subvention du carburant au mois de septembre 2026. Objectif, maintenir le prix de l'essence à 595 FCFA le litre. Pour ce qui est du Cameroun, le maintien des prix des carburants à la pompe a coûté 57 milliards de FCFA à l’Etat pour le seul mois de septembre 2026.
Privilégier les ménages vulnérables
Face à la hausse des subventions aux carburants, la BEAC souligne que les Etats de la CEMAC gagneraient à réexaminer leur politique de subvention des prix à la pompe en adoptant une démarche progressive et ciblée. Cette réforme des subventions devrait « privilégier les transferts directs aux ménages vulnérables, la publication transparente des formules de prix et un mécanisme d’ajustement simple, prévisible et progressivement aligné sur les cours internationaux. Ce mécanisme contribuerait à éviter qu’un choc temporaire sur les marges ne provoque un ajustement budgétaire procyclique ».
La BEAC emboite le pas au FMI
En appelant à la réforme des subventions aux carburants, la BEAC emboite ainsi le pas au Fonds monétaire international (FMI) qui préconise l’annulation des subventions aux carburants.
Pour la Banque centrale, les subventions généralisées rigidifient les dépenses, réduisent les ressources disponibles pour l’investissement, la santé et l’éducation. Elles peuvent également favoriser les distorsions de prix, la contrebande et les tensions d’approvisionnement.
Pour faire face à l’augmentation des subventions aux carburants, la BEAC souligne que l’investissement dans le raffinage régional doit être considéré comme une priorité de résilience énergétique. La modernisation de la Société Gabonaise de raffinage ( SOGARA), au Gabon, la relance progressive de la SONARA au Cameroun, le renforcement de la CORAF au Congo et l’amélioration des performances de la SRN au Tchad permettraient de réduire la dépendance aux importations des hydrocarbures.
La BEACc souligne également que la création d’un mécanisme régional de stabilisation alimenté par les recettes pétrolières exceptionnelles pourrait, à juste titre, contribuer à amortir les fluctuations futures. La BEAC martèle que les Etats de la CEMAC pourraient également diversifier leurs sources d’approvisionnement en fonction de la dynamique des marges dans les différents marchés (Rotterdam, Chine, Singapour, Etats Unis, Russie, Nigéria, etc.), en s’approvisionnement par exemple davantage à la raffinerie Dangote où les marges de raffinages restent inférieure aux niveaux exceptionnels observés aux États-Unis et en Europe et pour tirer profit de la faiblesse des coûts logistiques compte tenu de sa proximité.