Incapacité de 2018 : va-t-on enfin lever le voile ?
2025-11-28 10:44:00
Le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a réitéré sa demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion institutionnelle de l’AVC d’Ali Bongo en 2018. Une initiative qui peine à trouver un écho dans un contexte politique sensible.
Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a ravivé un débat qui traverse le paysage
politique gabonais depuis plusieurs années : la transparence autour de la
période d’incapacité d’Ali Bongo suite à son AVC en 2018. Le député estime
qu’il est temps d’éclairer la population sur la gestion institutionnelle de cet
épisode majeur de la République.
Cette demande s’inscrit dans une série
d’initiatives similaires, restées sans suite. L’idée d’une Commission Vérité,
Justice et Réconciliation (CVJR) avait déjà été écartée lors du Dialogue
National Inclusif de 2024, illustrant une réticence persistante à revisiter les
zones d’ombre du passé politique récent.
Plusieurs personnalités politiques, dont
l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze et l’ancienne présidente de
l’Assemblée Paulette Missambo, avaient également appelé à la création d’une
telle commission. Toutes ces demandes se sont heurtées au silence des
institutions, révélant une volonté implicite de tourner la page sans
approfondir les responsabilités.
Ntoutoume Ayi adopte aujourd’hui une approche
plus ciblée : obtenir une commission d’enquête parlementaire exclusivement
centrée sur le rôle des institutions après l’AVC du président déchu. Il s’agit
notamment d’examiner les failles constitutionnelles et les éventuelles dérives
de pouvoir constatées durant cette période.
Toutefois, l’issue de cette démarche dépend du
Bureau de l’Assemblée nationale, dominé par l’UDB et par d’anciens proches
d’Ali Bongo. Entre enjeux politiques, risques de déstabilisation et protection
de certains intérêts, la mise en place de cette commission demeure incertaine.
Son issue dira si la Transition est prête à affronter la vérité historique.