Inondations à Mont-Bouët : vers une stratégie durable pour Libreville



2025-11-04 17:05:00

Le week-end dernier, des pluies diluviennes ont provoqué d’importantes inondations dans le secteur du marché de Mont-Bouët, dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville.



Ce n’est pas une première : le phénomène se répète chaque saison des pluies, causant désagréments, pertes matérielles et inquiétude parmi les habitants. Face à cette situation, la mairie de Libreville semble vouloir passer de la gestion au coup par coup à une approche durable et structurée.

Les fortes pluies qui se sont abattues récemment sur la capitale ont une fois de plus mis en évidence la vulnérabilité du marché de Mont-Bouët et de ses environs face aux inondations. Les eaux de ruissellement ont envahi les allées du marché, paralysé les activités commerciales et endommagé plusieurs biens. Cette situation, bien connue des riverains, trouve son origine dans plusieurs facteurs, parmi lesquels l’obstruction des canalisations, l’urbanisation non maîtrisée et les comportements inciviques de certains citoyens qui continuent à jeter leurs déchets dans les caniveaux et les bassins versants.

Consciente de la gravité du problème, la mairie de Libreville, conduite par le Délégué Spécial Adrien Nguema Mba, a immédiatement dépêché sur le terrain ses équipes techniques accompagnées de son premier adjoint, des directeurs municipaux et des responsables des services concernés. Objectif : évaluer les dégâts, identifier les points critiques et proposer des solutions concrètes et durables pour mettre fin à ce cycle d’inondations à répétition.

Les premières observations ont révélé que le canal de Mont-Bouët, censé évacuer les eaux pluviales vers la mer, est fortement obstrué par des déchets solides et des sédiments. Ce constat a conduit la mairie à annoncer une série de mesures fortes. La première concerne la réhabilitation complète du canal de Mont-Bouët, afin de restaurer sa capacité hydraulique et d’assurer un meilleur écoulement des eaux. Des travaux de curage et de désensablement seront menés dans les plus brefs délais pour dégager les conduits bloqués.

Dans le même temps, la municipalité prévoit de renforcer les campagnes de sensibilisation et de répression. Le Délégué Spécial a rappelé que la lutte contre les inondations ne pourra être efficace que si les citoyens adoptent des comportements responsables. Des sanctions seront appliquées contre les personnes qui continuent de déverser des déchets dans les caniveaux ou les cours d’eau.


La mairie souhaite également étendre ce diagnostic à d’autres quartiers sensibles de la capitale, notamment Nzeng-Ayong et Bas de Gué-Gué, où des problèmes similaires de drainage ont été signalés. Cette approche élargie permettra de dresser une carte des zones à risque et de planifier des interventions coordonnées pour éviter que les mêmes scènes ne se reproduisent ailleurs.

Au-delà de la gestion d’urgence, la mairie de Libreville s’inscrit désormais dans une dynamique de prévention et de planification urbaine durable. L’idée est de transformer les pratiques de gestion de l’eau et des déchets en actions structurelles : création de bassins de rétention, amélioration des réseaux de drainage, sensibilisation continue des habitants et mise en place d’un suivi permanent des ouvrages.

Cependant, plusieurs défis restent à relever : le manque de moyens financiers, l’insuffisance de la coordination entre les services techniques, et la persistance de comportements inciviques freinent encore les efforts engagés.

Les récentes inondations de Mont-Bouët rappellent l’urgence d’une action collective et cohérente. En s’attaquant aux causes profondes du problème et en misant sur une gouvernance environnementale plus rigoureuse, la mairie de Libreville trace la voie vers une gestion durable des eaux pluviales et une capitale plus résiliente face aux effets du changement climatique.