Ivindo Iron : l’échec en Australie relève t’il d’une crise profonde de l’enseignement gabonais
2026-01-17 11:16:00
L’échec des futurs cadres d’Ivindo Iron à l’entrée des universités australiennes met en lumière les failles structurelles du système éducatif gabonais, notamment dans les filières scientifiques et techniques.
L’affaire des futurs cadres d’Ivindo Iron recalés en
Australie dépasse le simple cadre d’un échec académique. Elle révèle, de
manière brutale, les insuffisances profondes du système éducatif gabonais, en
particulier dans les domaines scientifiques et techniques.
Dans le cadre de l’exploitation prochaine de la mine de fer
de Belinga, située dans la province de l’Ogooué-Ivindo, l’opérateur Ivindo Iron
avait sélectionné une trentaine de jeunes Gabonais, dont le niveau allait de la
terminale scientifique au Master II, pour une formation spécialisée en
Australie dans les métiers des mines, de la géologie et de la métallurgie.
Le programme prévoyait une formation linguistique en anglais
de huit mois, suivie d’un cursus universitaire dans des établissements
spécialisés. Mais le constat est sans appel : tous les candidats ont été
recalés à l’entrée de l’université, jugés insuffisants sur le plan académique.
Au faible niveau en anglais se sont ajoutées de sérieuses
lacunes en mathématiques, sciences physiques, chimie et matières techniques. Un
échec collectif qui interroge directement la qualité de l’enseignement
supérieur et secondaire au Gabon.
Cet épisode rappelle d’autres déconvenues récentes,
notamment les résultats catastrophiques enregistrés lors des concours
d’agrégation du CAMES, où les candidats gabonais avaient échoué dès le premier
tour, contrairement à ceux d’autres pays africains.
Pour de nombreux observateurs, cette situation traduit un
déclin préoccupant du niveau académique, mais aussi une remise en cause du rôle
de certains enseignants et de la gouvernance universitaire. Les réformes
annoncées tardent à produire des résultats concrets.
La conséquence est claire : les jeunes Gabonais se
retrouvent systématiquement désavantagés face à la concurrence internationale,
y compris sur des projets stratégiques censés favoriser l’emploi local. Un
constat jugé alarmant, voire humiliant, dans un pays qui ambitionne pourtant
l’industrialisation et la montée en compétence de sa main-d’œuvre.