L’Australie interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans : une première mondiale aux enjeux majeurs
2025-12-11 10:26:00
L’Australie est devenue, en décembre 2025, le premier pays au monde à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 16 ans. Une décision radicale qui suscite autant d’éloges que de critiques, et qui pourrait redéfinir l’avenir de la régulation numérique dans le monde.
Adoptée
en 2024 et entrée en vigueur le 10 décembre 2025, la loi « Online Safety
Amendment – Social Media Minimum Age » impose désormais une interdiction
formelle : aucun jeune de moins de 16 ans ne peut créer ou maintenir un compte
sur les réseaux sociaux.
Les
plateformes concernées incluent : Instagram, Facebook, TikTok, Snapchat, X,
YouTube, Reddit, Twitch, Threads, Kick… bref, la quasi-totalité des réseaux
ayant pour fonction principale l’interaction sociale. Pour garantir
l’application de cette mesure, les plateformes doivent mettre en place des
systèmes fiables de vérification d’âge, sous peine d’amendes pouvant atteindre
50 millions de dollars australiens.
Le
gouvernement australien justifie cette décision par une urgence sanitaire et
sociale. Les chiffres sur la santé mentale des adolescents sont alarmants : augmentation
des cas d’anxiété, troubles de l’image corporelle, cyberharcèlement, dépendance
aux écrans et perte de sommeil. Selon les autorités, les réseaux sociaux sont
devenus « un espace toxique où les jeunes sont exposés trop tôt à des contenus
violents, sexualisés ou manipulateurs ».
L’objectif
affiché est clair : protéger les enfants en limitant l’emprise des algorithmes
sur leurs comportements. Pour faire respecter la loi, les plateformes doivent :
empêcher les utilisateurs de moins de 16 ans de créer un compte ; supprimer les
comptes existants appartenant à des adolescents de 13 à 15 ans ; déployer des
technologies de vérification d’âge (analyse faciale, IA, selfies vidéo, etc.).
Cependant,
le gouvernement a posé une limite : aucune plateforme ne peut obliger
l’utilisateur à fournir une pièce d’identité. Ce point soulève plusieurs
problèmes techniques, car la vérification d’âge repose alors sur des méthodes
d’IA encore imparfaites.
Si
la mesure est saluée par une partie des parents et des associations, elle fait
aussi l’objet de vives critiques. De nombreux experts estiment que les jeunes
pourront contourner l’interdiction via des VPN, de fausses dates de naissance, des
comptes « fantômes », ou des appareils non contrôlés…
Certains
réseaux, notamment Reddit et YouTube, continuent par ailleurs de laisser
accessible du contenu public sans création de compte.
Meta,
TikTok et Snapchat estiment qu’une interdiction totale est contre-productive et
pourrait pousser les jeunes vers des espaces numériques non régulés, plus
dangereux.
En
appliquant cette mesure, l’Australie envoie un signal fort : les États peuvent
imposer des limites radicales aux géants du numérique pour protéger leur
jeunesse. L’impact réel de cette mesure sera observable dans les prochains mois.
Entrainera-t-elle une baisse du cyberharcèlement ? l’amélioration de la santé
mentale ? des contournements massifs des adolescents ? des conflits juridiques
entre plateformes et État ?
Pour
l’instant, l’interdiction divise, mais une chose est sûre : l’Australie a créé
un précédent qui pourrait transformer profondément l’écosystème numérique
mondial.