Les taux d’intérêts sur les crédits bancaires en passe d’augmenter



2025-12-18 16:56:00

La 4ème et dernière session ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale s’est tenu le 15 décembre 2025, sous la présidence de Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Beac, par ailleurs Président du CPM.



Au cours de cette session, les membres du CPM ont analysé les perspectives macroéconomiques internationales et sous-régionales.

 Au niveau sous-régional, les prévisions macro-économiques actualisées pour 2025 mettent en exergue : un ralentissement de la croissance à 2,4% en 2025 contre 2,7% en 2024, une baisse du taux d’inflation sous la norme communautaire à 2,2% contre 4,1% en 2024, une légère amélioration du solde budgétaire, base engagements, hors dons, à -1,4% du pib, contre -1,6% du PIB en 2024 et une dégradation du solde du compte courant, dons officiels compris, à – 2,9% du PIB, contre 0,3% du PIB en 2024. « La masse monétaire augmenterait de 5,1% à 21 977,7 milliards de FCFA à fin décembre 2025. S’agissant des réserves de change, elles baisseraient en un an de 2,6% à 6 377,3 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, soit 4,2 mois d’importations de biens et services, contre 4,9 en 2024, correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 67,0%, après 74,9% à fin 2024 » souligne le Comité de politique monétaire qui au regard de tout ceci a décidé de relever le taux d’intérêt des appels d’offres de 4,50% à 4,75% et le taux de la facilité de prêt marginal de 6, 00% à 6,25%.

A travers le relèvement de ces instruments de pilotage de la politique monétaire, « la BEAC veut rendre le refinancement auprès de la banque centrale plus coûteux pour les banques commerciales. La Beac espère que cela va entraîner une augmentation des taux d’intérêts sur le crédit, restreignant ainsi l’accès des agents économiques au financement bancaire ». Cette décision du CPM ne vise plus à réduire l’inflation, mais plutôt préserver les réserves en devises de la sous-région en régression. Il faut souligner que la majeure partie des financements bancaires obtenus par les agents économiques dans la zone Cemac est orientée vers les importations massives. Les réserves de change d’un pays sont constituées des recettes d’exportation et des emprunts en monnaies étrangères. Elles servent à payer la facture des importations dudit pays.