LFR 2026 : maintient de réserve obligatoire de près de 190 milliards de FCFA
2026-07-21 11:29:00
Face à une révision à la baisse de 22 % de ses recettes budgétaires, le gouvernement gabonais conserve une réserve obligatoire de près de 190 milliards de FCFA. Ce mécanisme vise à préserver l'équilibre des finances publiques tout en protégeant les dépenses sociales essentielles et le service de la dette.
La Loi de finances rectificative 2026 confirme
le choix du gouvernement gabonais d'inscrire la prudence budgétaire au cœur de
sa stratégie financière. Malgré une diminution de 928 milliards de FCFA des
recettes attendues, ramenées à 3 243,5 milliards de FCFA, l'État maintient une
réserve obligatoire de 189,5 milliards destinée à faire face à une éventuelle
dégradation de la conjoncture économique.
Cette réserve est principalement constituée
sur les dépenses d'investissement, qui représentent plus de 119 milliards de
FCFA des crédits gelés, ainsi que sur les dépenses de biens et services. À
l'inverse, les dépenses de personnel et les charges liées au remboursement de
la dette publique sont totalement exclues du dispositif, traduisant la volonté
des autorités de préserver les engagements prioritaires de l'État.
Le collectif budgétaire prévoit également une
série d'exemptions destinées à protéger les populations. Les remboursements de
TVA, les subventions sur les carburants, les médicaments, les bourses
scolaires, les dépenses de santé, d'éducation ainsi que les aides sociales
accordées aux personnes vulnérables échappent ainsi à toute mise en réserve.
Cette approche vise à limiter l'impact des ajustements budgétaires sur les
secteurs essentiels.
Le mécanisme demeure toutefois évolutif. Si
les recettes publiques s'améliorent au cours de l'exercice, le gouvernement
pourra lever tout ou partie de cette réserve sur proposition du ministre chargé
de l'Économie et des Finances. Le texte prévoit par ailleurs que tout surplus
budgétaire sera réparti entre le désendettement de l'État, le financement de
nouveaux investissements publics et l'alimentation d'un fonds de stabilisation.
Dans un environnement marqué par des
négociations avec le FMI et une notation souveraine toujours fragile, cette
réserve budgétaire constitue un signal adressé aux bailleurs de fonds et aux
investisseurs. Elle traduit la volonté du Gabon de renforcer la crédibilité de
sa politique budgétaire tout en maintenant un équilibre entre rigueur
financière, investissement public et protection sociale.