Madagascar : Un appel à la mutinerie bouleverse Antananarivo
2025-10-13 06:08:00
Madagascar retient son souffle. Ce qui n’était au départ qu’un mouvement de colère contre les coupures d’eau et d’électricité s’est transformé en crise politique majeure.
Dans la capitale, une partie de l’armée, notamment le CAPSAT, a lancé un appel à la mutinerie, refusant de tirer sur les manifestants.
Un signal fort qui marque un tournant dans la confrontation entre le pouvoir et la rue. Depuis fin septembre, le collectif “Gen Z Madagascar” mobilise des milliers de jeunes. Leur message est simple : assez de la misère, de la corruption et des promesses non tenues.
Les manifestations ont pris de l’ampleur dans plusieurs villes, malgré la répression.
Gaz lacrymogènes, arrestations, couvre-feu… Rien n’y fait.
La jeunesse malgache continue de descendre dans la rue, bien décidée à se faire entendre. C’est un événement inédit : des soldats du Corps d’Administration des Personnes et des Services de l’Armée de Terre (CAPSAT) ont publiquement déclaré leur solidarité avec les manifestants.
Des militaires auraient même escorté les manifestants sur la Place du 13 Mai, symbole de toutes les luttes démocratiques malgaches. Un geste lourd de sens, qui fragilise le pouvoir et fait craindre un basculement militaire.
Face à cette mutinerie ouverte, le président Andry Rajoelina a instauré un couvre-feu et ordonné des arrestations ciblées.
Le Premier ministre, de son côté, reconnaît des “excès” dans la répression, tout en appelant au calme. Selon plusieurs sources, des négociations sont en cours avec les mutins. Mais la rue, elle, ne veut plus dialoguer : elle réclame désormais le départ pur et simple du chef de l’État.
Les coupures d’eau, les pannes d’électricité, la cherté de la vie et les scandales de corruption ont usé la patience du peuple. L’appel à la mutinerie du CAPSAT vient désormais cristalliser cette rupture entre les dirigeants et la population.
Pour beaucoup, le geste des soldats est un acte de courage, pour d’autres, une menace à l’ordre républicain.
Mais une chose est sûre : Madagascar ne sera plus la même après cette crise.
Entre dialogue et répression, la ligne est fine.
La communauté internationale appelle à la retenue et à la préservation de la paix, pendant que la société civile plaide pour une transition apaisée. Mais sur le terrain, l’heure n’est plus aux discours : la jeunesse malgache réclame des actes concrets, une justice sociale et un nouveau souffle politique.