Mines, routes, énergie : la LFR 2026 valide un régime fiscal préférentiel pour les grands chantiers
2026-07-28 13:18:00
La Loi de finances rectificative 2026 entérine une série d'avantages fiscaux et douaniers accordés à plusieurs entreprises engagées dans des projets structurants au Gabon. Mines, infrastructures, énergie, eau et transport ferroviaire figurent parmi les secteurs concernés, dans un dispositif dont le Gouvernement souligne le caractère strictement encadré.
La Loi de finances rectificative 2026 consacre
une place importante aux mesures d'accompagnement des investissements
stratégiques. Les articles 11 à 34 approuvent les avantages fiscaux et
douaniers accordés à des entreprises et groupements intervenant dans le cadre
de marchés publics, de concessions ou de conventions minières déjà conclus avec
l'État. L'objectif est de sécuriser les conditions d'exécution de projets jugés
prioritaires pour le développement national.
Dans le secteur minier, la société Nouvelle
Gabon Mining SA bénéficie d'un régime préférentiel pour l'exploitation de
plusieurs permis de manganèse, notamment à Franceville, Okondja et Lebaye. Les
mesures portent sur des exonérations de l'impôt sur les sociétés, de l'impôt
minimum forfaitaire, de la TVA sur les achats locaux, de l'impôt foncier ainsi
que des droits de douane applicables aux équipements nécessaires au projet.
Le secteur des infrastructures est également
largement concerné. Plusieurs entreprises internationales et nationales
intervenant sur des projets routiers bénéficient d'avantages fiscaux, parmi
lesquelles COVEC, EBOMAF, SINOHYDRO, China First Highway Engineering ou encore
Porteo BTP Gabon. La société turque SUMMA Insat Ticaret apparaît comme l'un des
principaux bénéficiaires, avec trois grands projets à Libreville, dont la Cité
gouvernementale, le futur siège des Nations Unies et l'échangeur de la Route Protocole.
Les secteurs de l'énergie, de l'eau et du
transport ferroviaire ne sont pas en reste. Le contrat de fourniture de 150 MW
conclu avec Karpowership bénéficie d'exonérations sur les équipements destinés
à la production d'électricité. Le groupement SUEZ International-SUEZ Gabon
profite d'allègements fiscaux pour son programme d'amélioration du service de
l'eau dans le Grand Libreville, tandis que la SETRAG voit reconduits les
avantages liés aux investissements de modernisation du Transgabonais.
La loi encadre toutefois strictement ces
dispositifs. Les exonérations sont limitées dans le temps, personnelles et non
cessibles. Elles ne peuvent bénéficier aux sous-traitants qu'en cas de mention
expresse dans les annexes de la loi. En outre, toute nouvelle exonération devra
être contresignée par le ministre des Finances et faire l'objet d'un suivi
annuel à travers un état consolidé des dépenses fiscales, renforçant ainsi les
mécanismes de contrôle de ces incitations accordées aux investisseurs.