Oyem : un présumé cambrioleur se fait mutiler à la machette
2025-12-11 09:56:00
Un jeune homme accusé de cambriolage a été grièvement mutilé à la machette alors qu’il était déjà neutralisé. L’affaire, survenue à Oyem, bouleverse l’opinion publique et pose de nouveau la question de l’autodéfense et des dérives de la justice privée au Gabon.
Jean Guy Ndong Ondo, originaire du village Medok dans le canton Kyé, a été violemment pris à partie après avoir été surpris en flagrant délit de vol au domicile d’un enseignant, M. Effayong, du Collège Ondo & Fils. Selon les premiers témoignages, le jeune homme se serait introduit en plein midi dans la maison du professeur avant d’être rapidement maîtrisé. C’est une fois immobilisé, selon plusieurs témoins, que la scène bascule dans l’horreur : M. Effayong, emporté par la colère, se serait saisi d’une machette pour sectionner plusieurs doigts du présumé voleur, l’accusant également de tentative d’assassinat.
Transporté en urgence au Centre Hospitalier Régional d’Oyem, Jean Guy Ndong Ondo a ensuite été remis aux forces de l’ordre, placé en garde à vue puis présenté devant le tribunal avant d’être incarcéré à la Prison centrale d’Oyem. Plusieurs sources affirment qu’il n’aurait pas bénéficié d’une hospitalisation suffisante avant son placement en détention, ce qui aurait aggravé son état de santé déjà critique. Ces révélations soulèvent de vives inquiétudes quant au respect des procédures judiciaires et médicales applicables à un détenu gravement blessé.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont nombreuses. Si une partie de l’opinion condamne fermement la tentative de vol, beaucoup s’interrogent : que vaut la loi si chacun s’arroge le droit de punir selon sa propre justice ? La mutilation d’un individu déjà neutralisé soulève d’importantes questions sur les limites de l’autodéfense. L’affaire met en lumière un malaise persistant : la tentation, dans certaines localités, de substituer la violence à la procédure légale, au risque d’encourager des dérives dangereuses et potentiellement irréversibles.
Au-delà du cas de Jean Guy Ndong Ondo et de M. Effayong, c’est la nécessité de réaffirmer la primauté de la loi qui se pose avec acuité. Une société ne peut garantir la sécurité de tous que lorsque la sanction est encadrée par la justice, et non dictée par les émotions ou la colère.