Pêche : après plus d’un an de rupture, le Gabon et l’Union européenne reprennent le chemin des négociations
2026-09-22 09:17:00
Le Gabon et l’Union européenne s’apprêtent à rouvrir les discussions sur leur coopération dans le secteur de la pêche. Après avoir refusé, en juin 2025, de reconduire l’accord existant, Libreville vient d’autoriser son ministre de la Pêche à négocier un nouveau partenariat. Cette reprise du dialogue devra surtout permettre de rapprocher deux attentes : l’accès européen aux ressources thonières et la volonté gabonaise d’obtenir davantage de retombées économiques et sociales de l’exploitation de ses ressources halieutiques.
Le feu vert donné le 18 septembre au ministre Aimé Martial Massamba intervient après plusieurs mois d’incertitude sur l’avenir de la coopération halieutique entre les deux parties. L’ancien accord, signé le 29 juin 2021 pour cinq ans, était arrivé à échéance après la décision gabonaise de ne pas le renouveler. Le dialogue n’avait toutefois jamais été complètement interrompu. Lors du Dialogue annuel de juin 2026, la cheffe de la délégation de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, avait indiqué la disponibilité de Bruxelles à reprendre les discussions autour d’un dispositif tenant compte des priorités gabonaises. Le mandat désormais confié au ministre ouvre donc une nouvelle séquence : celle de la négociation d’un accord de partenariat de pêche durable accompagné d’un protocole additionnel.
Le futur accord devra surtout répondre à des attentes qui ne se recouvrent pas totalement. Pour l’Union européenne, l’enjeu principal est de sécuriser l’accès de ses navires aux ressources thonières gabonaises, notamment pour approvisionner le marché communautaire. Libreville souhaite, de son côté, que l’exploitation de ses ressources produise davantage de bénéfices pour l’économie nationale : emplois, activités pour les opérateurs locaux et transformation sur place d’une partie des captures. C’est donc moins le principe d’une coopération qui est désormais en débat que ses nouvelles contreparties et ses modalités. Aucun calendrier de négociation n’a encore été annoncé, mais le mandat gouvernemental constitue un signal clair : après plus d’un an d’incertitude, Libreville et Bruxelles disposent désormais d’un cadre pour tenter de redéfinir leur partenariat autour d’intérêts qu’ils devront rendre compatibles.