Parlons de nos provinces : à Ndendé, l’absence de transport urbain freine une ville en pleine expansion



2026-03-26 09:37:00

Dans cette nouvelle escale de la rubrique « Parlons de nos provinces », BiBa 241 met le cap sur Ndendé, chef-lieu du département de la Dola, dans la province de la Ngounié. Derrière son image de carrefour stratégique du sud du Gabon, la ville fait face à une réalité bien plus contraignante : l’absence quasi totale de transport urbain structuré.



Une mobilité laissée à l’effort individuel

Dans cette localité d’environ 6 300 habitants (recensement 2006), située à seulement 48 kilomètres de la frontière avec la République du Congo, se déplacer relève souvent du défi.

Faute de taxis ou de moyens de transport organisés, les habitants doivent compter sur leurs propres jambes pour parcourir de longues distances. Une contrainte particulièrement pénalisante pour les personnes âgées et celles à mobilité réduite, qui vivent cette situation comme une véritable mise à l’écart.

Dans une ville en pleine expansion, où les quartiers s’étendent de plus en plus loin du centre, cette absence de mobilité structurée devient un facteur d’inégalité sociale.

Une ville qui grandit plus vite que ses services

Comme de nombreuses localités gabonaises, Ndendé a connu une croissance démographique et une extension spatiale importantes ces dernières années.

Résultat : relier certains quartiers au centre-ville devient un véritable parcours du combattant. Les habitants de Mougnonzi, Saint Paul, Saint Joseph ou encore Mindanda doivent parcourir plusieurs kilomètres à pied pour atteindre des points névralgiques comme le célèbre Carrefour du bonheur.

Dans ces conditions, “mouiller le maillot” n’est pas une image : c’est une réalité quotidienne, sous la chaleur comme sous la pluie.

Une opportunité économique encore inexploitée

Au-delà du constat, une question revient avec insistance : pourquoi ce secteur reste-t-il aussi peu investi alors qu’il représente une véritable opportunité économique ?

Selon une source proche de la municipalité, une tentative avait pourtant été faite par un ancien responsable local, alors directeur général du Budget, qui avait mis en circulation un certain nombre de taxis pour soulager les populations. Mais l’initiative n’a pas duré.

D’autres expériences, plus informelles, ont également vu le jour dans le transport clandestin (“clando”), avant de disparaître rapidement. En cause : le refus de certains opérateurs de se conformer aux exigences administratives. Beaucoup ont préféré se redéployer vers des axes comme Lébamba ou Mouila, où les conditions d’exploitation sont jugées plus souples.

Transport, restauration, coiffure : les angles morts du développement local

Ce déficit de transport urbain met en lumière un problème plus large : le manque d’investissement dans certains secteurs de services pourtant essentiels.

À Ndendé, le transport, mais aussi la restauration et la coiffure, restent des domaines encore peu développés, malgré une demande croissante liée à l’urbanisation.

Pourtant, ces activités représentent de véritables gisements d’emplois et d’auto-entrepreneuriat, notamment pour les jeunes. Elles pourraient contribuer à structurer l’économie locale et à améliorer significativement la qualité de vie des habitants.

Un appel aux initiatives locales

Face à cette situation, les regards se tournent vers les fils et filles de la localité, souvent désignés comme les “enfants des neuf routes”, en référence au positionnement stratégique de la ville.

L’enjeu est clair : investir dans des solutions de transport adaptées, accessibles et réglementées, capables de répondre aux besoins d’une ville en mutation.

Car à Ndendé, la mobilité n’est plus un luxe. Elle est devenue une condition essentielle du développement urbain, de l’inclusion sociale et du dynamisme économique.