« PARLONS DE VOUS » : YOHANN EMÉRYC MOUSSADJI NZAMBA, LE BÂTISSEUR DE PONTS ENTRE LE GABON ET LES INVESTISSEURS INTERNATIONAUX



2026-10-15 18:52:00

Consultant et intermédiaire d’affaires internationales, fondateur et dirigeant d’Interface Consulting, Yohann Eméryc MOUSSADJI NZAMBA a consacré treize années à l’opérationnel dans l’intermédiation d’affaires. Aujourd’hui, il opère un repositionnement stratégique en mettant davantage l’accent sur le conseil, la stratégie et la formation. Une évolution nourrie par son expérience du terrain et par un constat : de nombreux dossiers peinent à aboutir, non seulement en raison des contraintes administratives et financières, mais aussi d’une méconnaissance des mécanismes de l’intermédiation d’affaires. Dans « Parlons de vous », BiBa 241 revient sur le parcours d’un professionnel qui entend désormais mieux préparer les acteurs économiques à transformer leurs ambitions en projets concrets et durables.



Dans les affaires internationales, un contact peut ouvrir une porte, une rencontre faire naître une ambition et un partenariat laisser entrevoir de nouvelles perspectives. Mais entre une poignée de main et la concrétisation d’un projet, le chemin est souvent long. C’est précisément dans cet espace qu’évolue Yohann Eméryc MOUSSADJI NZAMBA, consultant en affaires internationales, fondateur et dirigeant d’Interface Consulting. Son ambition : transformer les connexions en contrats, et les contrats en réalisations utiles au développement du Gabon.


Né en 1973 au Gabon et diplômé en Marketing International de l’International Business School (IBS) de Dakar, il a d’abord exercé comme directeur commercial avant de se lancer dans l’entrepreneuriat en 2012, tout en poursuivant une carrière au sein de l’administration publique. Deux univers qu’il considère comme complémentaires et dont il entend tirer parti pour rapprocher les opportunités économiques des réalités locales.


De la prospection internationale au conseil stratégique


Dès 2012, Yohann Eméryc MOUSSADJI NZAMBA entreprend de développer un réseau d’affaires au-delà des frontières gabonaises. De New York à Barcelone, de Saint-Pétersbourg à Hong Kong, en passant par Djeddah, NewDelhi, Zanzibar, Nairobi, Dubaï, Pretoria, Caire...ect, il multiplie les démarches de prospection et d’intermédiation. Une expérience de terrain qui lui permet de mieux comprendre les attentes des partenaires internationaux, les exigences des investisseurs et les conditions nécessaires à l’émergence de projets viables.


En 2020, cette démarche prend une forme institutionnelle avec la création d’Interface Consulting, un cabinet spécialisé dans le conseil en stratégie, l’ingénierie d’affaires, la diplomatie économique et la facilitation des investissements directs étrangers. L’idée repose sur un constat : le Gabon dispose d’opportunités dans des secteurs essentiels, notamment les infrastructures, le logement, la santé, l’agriculture durable et les financements verts, tandis que des investisseurs internationaux recherchent des projets crédibles et suffisamment structurés pour envisager leur engagement.


« Le projet Interface Consulting est né de cette volonté de combler ce déficit en apportant de la crédibilité, de la rigueur et une facilitation opérationnelle aux projets à fort impact social et économique », explique-t-il. Autrement dit, il ne suffit pas de présenter une opportunité : encore faut-il la documenter, la structurer et réunir les conditions nécessaires à sa concrétisation.


Après treize ans sur le terrain, un repositionnement stratégique


Après treize années consacrées à l’opérationnel dans l’intermédiation d’affaires, Yohann Eméryc MOUSSADJI NZAMBA a, depuis quelque temps, choisi de se retirer de cette dimension opérationnelle pour privilégier le conseil, la stratégie et la formation. Un repositionnement qui ne traduit pas un abandon de son domaine d’expertise, mais plutôt une nouvelle manière de le servir, en mettant son expérience au profit des porteurs de projets, des entrepreneurs et des acteurs économiques.


Cette évolution répond à un constat issu de ses années de pratique : les dossiers ne vont pas toujours jusqu’à leur aboutissement, notamment parce que les acteurs concernés maîtrisent insuffisamment les mécanismes, les exigences et les réalités de l’intermédiation d’affaires. Entre les attentes des investisseurs, la préparation des dossiers, les procédures administratives et les conditions de financement, les incompréhensions peuvent ralentir, voire compromettre, des initiatives pourtant prometteuses.


Désormais, il entend donc davantage intervenir en amont, en aidant les porteurs de projets à mieux comprendre leur environnement, à structurer leurs propositions et à adopter une démarche stratégique cohérente. L’enjeu n’est plus seulement de mettre les acteurs en relation, mais de leur donner les moyens de comprendre les règles du jeu et de préparer des projets susceptibles d’aboutir.


Ce nouveau positionnement accorde une place centrale à la transmission des compétences. Pour lui, la formation et le conseil constituent des leviers essentiels pour améliorer la qualité des projets, renforcer la crédibilité des acteurs locaux et favoriser des partenariats plus solides. Une orientation qui s’inscrit dans la continuité de son parcours, tout en répondant à une préoccupation devenue centrale : mieux préparer les acteurs économiques avant de les engager dans des démarches souvent longues et exigeantes.


Bâtir des ponts plutôt que des murs


Cette nouvelle orientation reste fidèle au cœur de sa philosophie entrepreneuriale. « Bâtissons le Gabon par des opportunités concrètes et interconnectées : un développement durable pour l’Afrique par les Africains », affirme-t-il. Une ambition qu’il résume également par une formule qui donne le ton de son activité : « Bâtir des ponts plutôt que des murs, transformer un contact en contrat, et ce contrat en un impact concret et durable. »


Pour le fondateur d’Interface Consulting, la particularité de son approche réside dans sa capacité à faire dialoguer des univers qui ne partagent pas toujours les mêmes méthodes, les mêmes exigences ni les mêmes contraintes. D’un côté, les réalités administratives et économiques gabonaises ; de l’autre, les standards de structuration, de financement et de suivi attendus par les partenaires internationaux.


Son expérience lui permet aujourd’hui d’accompagner les acteurs dans la compréhension de ces exigences, la préparation de leurs démarches et la construction de stratégies adaptées. Si l’intermédiation demeure au cœur de son expertise, il souhaite désormais privilégier une approche qui renforce les capacités des acteurs et favorise une meilleure préparation des projets avant leur présentation aux partenaires potentiels.


Des partenariats à la recherche d’un impact concret


Le développement d’Interface Consulting s’est progressivement articulé autour de plusieurs étapes : la constitution d’un réseau international entre 2012 et 2020, la formalisation du cabinet, puis la recherche de partenariats à dimension économique et sociale. Parmi les étapes qu’il retient figure notamment le projet School for Africa, pour lequel il indique avoir reçu, en novembre 2023 à Dakar, une distinction aux côtés de Global Green International Holdings, en lien avec des projets d’écoles modernes et d’infrastructures à vocation sociale au Gabon.


En 2025 et 2026, son activité évolue davantage vers le conseil de haut niveau, la formation professionnelle, la soumission de projets structurants aux autorités et l’incubation d’initiatives à fort impact. Cette transition traduit sa volonté de consolider son expertise et de contribuer à la structuration de projets capables de répondre aux besoins du pays.


Mais dans ce secteur, les résultats ne se construisent pas toujours au rythme des ambitions. Les lourdeurs administratives, la lenteur des processus de décision et le manque de visibilité dont peuvent souffrir certaines initiatives locales figurent parmi les difficultés qu’il identifie. « L’intermédiation d’affaires et le développement de projets sont des marathons, pas des sprints », rappelle-t-il. Pour lui, les refus et les retards doivent aussi servir à réévaluer les priorités, renforcer la crédibilité et consolider les modèles économiques.


Persévérer sans confondre vitesse et précipitation


Face aux périodes d’incertitude, Yohann Eméryc MOUSSADJI NZAMBA privilégie l’anticipation, la diversification et la résilience. Dans un environnement international soumis aux évolutions géopolitiques et aux contraintes administratives, il estime qu’un projet peut nécessiter de longs mois avant d’aboutir. Plutôt que de céder à l’impatience, il choisit de maintenir le dialogue, de consolider ses réseaux, de se former et, lorsque cela s’impose, de réorienter ses ressources vers des secteurs prioritaires.


Cette capacité à tenir dans la durée constitue, selon lui, l’une des qualités fondamentales de l’entrepreneur. Son parcours lui a également appris qu’une ambition ne suffit pas : elle doit s’accompagner d’une méthode, d’engagements tenus et d’une réputation solide. Dans les affaires internationales, la confiance est un capital qui se construit progressivement et qui peut se fragiliser rapidement.


Son repositionnement vers le conseil et la formation découle également de cette expérience. En aidant les porteurs de projets à mieux appréhender les réalités du marché, les attentes des partenaires et les étapes nécessaires à la concrétisation de leurs ambitions, il entend contribuer à réduire les erreurs de préparation et les incompréhensions qui entravent parfois les initiatives économiques.


Le Gabon de demain, entre finance verte et contenu local


Pour les cinq à dix prochaines années, le fondateur d’Interface Consulting anticipe une transformation importante du conseil et de l’intermédiation d’affaires au Gabon. La transparence, la numérisation, la finance climat, les crédits carbone et les normes environnementales, sociales et de gouvernance devraient, selon lui, prendre une place croissante dans la préparation et le financement des projets.


Il estime également que le développement de l’ingénierie d’affaires nationale nécessitera une meilleure organisation des professionnels du secteur, notamment à travers des associations ou des structures représentatives capables de contribuer à l’encadrement et à la valorisation de leurs compétences. À ses yeux, l’ambition de faire du Gabon un pôle d’investissements durables en Afrique centrale suppose aussi de renforcer la place des acteurs locaux dans la conception et l’exécution des projets.


Cette vision repose sur une conviction : attirer des capitaux ne constitue qu’une première étape. L’enjeu est également de créer des retombées économiques, de développer les compétences nationales et de faire en sorte que les investissements répondent aux besoins réels des populations. Dans cette perspective, le conseil stratégique et la formation doivent permettre aux professionnels gabonais de mieux se positionner face aux exigences internationales et de participer plus activement à la construction de partenariats durables.


À la jeunesse gabonaise : devenez des bâtisseurs


Lorsqu’il lui est demandé de se définir en un adjectif, Yohann Eméryc MOUSSADJI NZAMBA choisit celui de « persévérant », auquel il associe volontiers les notions de bâtisseur et d’audace. Un choix cohérent avec sa conception de l’entrepreneuriat, qui privilégie la constance et la préparation aux résultats immédiats.


À la jeunesse gabonaise, il adresse un message sans détour : « N’attendez pas l’emploi parfait ou que les opportunités viennent à vous : créez votre utilité et vos propres opportunités. » Il invite les jeunes à se former continuellement, à cultiver leur réseau et à protéger leur crédibilité par l’intégrité et le respect de leurs engagements.


Son conseil aux futurs entrepreneurs est tout aussi pragmatique : penser grand, mais commencer méthodiquement. Il recommande de construire une vision claire, de tester son projet sur le terrain et de développer progressivement les moyens nécessaires à sa croissance, sans attendre de disposer d’emblée de toutes les ressources. Il insiste également sur l’importance de comprendre son secteur, de maîtriser les exigences de son marché et de savoir s’entourer de personnes compétentes.


À travers « Parlons de vous », BiBa 241 met en lumière le parcours de Yohann Eméryc MOUSSADJI NZAMBA, un professionnel qui, après treize années d’expérience opérationnelle dans l’intermédiation d’affaires, choisit de mettre davantage son expertise au service du conseil, de la stratégie et de la formation. Son ambition reste la même : bâtir des ponts entre les compétences, les capitaux et les opportunités, mais en accordant désormais une place plus importante à la préparation des acteurs et à la structuration des projets. Car, pour transformer une opportunité en résultat durable, il faut aussi savoir comprendre les mécanismes, anticiper les obstacles et se donner les moyens d’aller jusqu’au bout.