PDG : Ali Bongo accuse l’actuelle direction d’avoir orchestré un «coup de force interne»
2026-03-02 13:59:00
Depuis Paris, l’ancien chef de l’État met en demeure la direction actuelle du Parti démocratique gabonais. Accusations de « coup de force », menace de poursuites judiciaires et ultimatum de quinze jours : la crise interne s’aggrave à l’approche du 58ᵉ anniversaire du parti.
Le directoire du Parti démocratique gabonais (PDG) n’a, à ce jour, pas officiellement réagi à la « mise en demeure avant poursuites judiciaires » adressée le 20 février par Ali Bongo Ondimba. Se présentant comme le « président légitime » du parti, l’ancien chef de l’État, désormais installé à Paris, accuse l’actuelle direction d’avoir orchestré un « coup de force interne » le 7 mars 2024, en violation des textes régissant la formation politique. Il vise nommément le président du PDG, Blaise Louembe, ainsi que la secrétaire générale Angélique Ngoma, qu’il soupçonne également d’avoir favorisé, lors des dernières élections législatives et locales, les intérêts de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), formation soutenant l’actuel pouvoir.
L’ultimatum est clair : quinze jours pour démissionner de leurs fonctions, libérer les locaux du parti et cesser toute utilisation de ses symboles, logo et dénomination. À défaut, Ali Bongo Ondimba promet des poursuites judiciaires. Cette offensive marque son retour dans l’arène politique après plus de deux années de relative discrétion au sein du parti qu’il a dirigé et incarné. Elle ravive surtout les fractures internes d’une formation fragilisée depuis la perte du pouvoir et traversée par des recompositions stratégiques. Pour l’ancien président, il s’agit de « récupérer son parti » ; pour ses adversaires internes, l’initiative pourrait apparaître comme une tentative de reprise en main tardive.
Du côté des militants, la prudence domine. Certains appellent à l’apaisement, relativisant la portée juridique et politique de cette démarche, tandis que d’autres redoutent une escalade aux conséquences imprévisibles. La perspective d’un congrès avant la commémoration du 58ᵉ anniversaire du PDG, le 12 mars prochain, semble désormais compromise. Ironie du calendrier : la date d’expiration de l’ultimatum pourrait coïncider avec les célébrations. Une conjonction qui risque de transformer un moment symbolique en nouvel épisode d’une crise dont l’issue demeure incertaine.