Port-Gentil : 7 milliards remis, des chantiers inachevés, un audit réclamé
2026-09-15 06:35:00
À quelques heures du Conseil des ministres délocalisé à Port-Gentil, le sénateur Georges Mpaga remet sur la table le dossier des 7 milliards de FCFA consacrés aux infrastructures de la capitale économique pendant la Transition.
Dans une déclaration rendue publique le 13 septembre, l’élu d’Etimboué interpelle directement le chef de l’État sur l’état d’avancement des projets financés par cette enveloppe spéciale. Selon son décompte, sur les six principaux chantiers programmés, seul l’axe du Tournant SEEG, dans le 3ᵉ arrondissement et réalisé par SOCO TP, aurait été achevé. Les autres opérations, notamment Transfo–Mini Prix, Antenne Massuku–Boulangerie de l’Aéroport, Boulangerie Matanda–Nouveau Marché Moukala et Carrefour Camp Boiro–Nouveau Marché Moukala, demeureraient inachevées. Un constat que le parlementaire juge particulièrement préoccupant au regard des objectifs initiaux de désenclavement des quartiers populaires.
Au-delà de l’état des routes, c’est surtout la traçabilité et l’efficacité de la dépense publique que le sénateur souhaite voir clarifiées. Georges Mpaga demande notamment un audit physique et financier complet de l’enveloppe de 7 milliards de FCFA, afin d’établir précisément les montants engagés, les travaux effectivement réalisés et le niveau d’exécution des différents marchés. Il met également en cause la situation de la réfection du Lycée d’État, à laquelle seraient affectés 3 milliards de FCFA, et estime que cette opération mérite elle aussi des explications sur son coût et ses résultats. Pour les populations de Massuku, Moukala, Camp Boiro et de plusieurs quartiers du 2ᵉ arrondissement, l’inachèvement des travaux se traduit toujours, selon lui, par des difficultés de circulation et des routes particulièrement éprouvées pendant la saison des pluies.
La demande du parlementaire porte désormais sur des résultats concrets : contrôler l’utilisation des fonds déjà mobilisés et faire achever les infrastructures prévues. Il appelle ainsi à la mise en demeure des entreprises qu’il considère défaillantes, notamment SOCO TP et DELORS SCES, et à la mobilisation des moyens nécessaires pour finaliser les axes encore en chantier. À la veille de l’arrivée du gouvernement dans la capitale économique, le dossier pose une question centrale : que sont devenus les 7 milliards de FCFA destinés à transformer les infrastructures de Port-Gentil et quel bénéfice concret les populations en ont-elles réellement tiré ? La réponse pourrait passer par un état des lieux physique, financier et contradictoire de l’ensemble des projets.