Sucaf Gabon : l’État face à l’urgence de sauver un outil industriel stratégique



2026-09-15 06:26:00

Au cœur du Haut-Ogooué, la Sucaf Gabon se trouve confrontée à un défi majeur : moderniser un outil industriel vieillissant pour préserver une production essentielle à l’approvisionnement du marché national.



Samedi 13 septembre, le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Martial Ntoutoume, s’est rendu sur le site afin d’évaluer directement les difficultés rencontrées par l’entreprise. Des plantations aux installations industrielles, le membre du gouvernement a passé en revue la chaîne de production et constaté l’obsolescence des équipements, devenue un frein à l’augmentation des capacités. « Lorsqu’une unité de production rencontre des difficultés, le ministre de l’Industrie que je suis est interpellé pour venir voir, toucher du doigt les problèmes », a-t-il expliqué, annonçant qu’un rapport technique sera transmis au gouvernement.

Pour Sucaf Gabon, l’urgence est désormais de retrouver les moyens d’être pleinement compétitive sur son propre marché. Le directeur général, Ousmane Mabignath Sall, a reconnu les limites d’un appareil productif « très obsolète », que les équipes continuent néanmoins d’exploiter au maximum de ses capacités. L’entreprise parvient encore à maintenir ses emplois et ses salaires, mais sa situation pourrait se fragiliser davantage sans investissements. La modernisation des équipements apparaît ainsi comme un préalable pour augmenter la production, reconquérir durablement le marché des ménages et surtout retrouver celui des industriels, déterminant pour l’équilibre économique de l’entreprise. À terme, le renforcement de ses capacités pourrait également ouvrir la voie à une stratégie d’exportation.

Au-delà de la situation d’une entreprise, c’est donc la pérennité d’une capacité de production nationale qui se joue. Les préoccupations sociales soulevées par les salariés seront intégrées au diagnostic, tandis que les pistes identifiées doivent désormais être examinées par le gouvernement. Le ministre s’est voulu rassurant sur les perspectives : « L’entreprise est viable, on ne peut pas la laisser tomber. » La prochaine étape sera donc décisive : transformer le diagnostic établi sur le terrain en investissements et en mesures concrètes capables de remettre durablement l’outil industriel à niveau.