Port-Gentil : cambriolage au tribunal, l’État réagit pour restaurer l’autorité judiciaire



2026-03-24 09:41:00

Le cambriolage du tribunal de première instance de Port-Gentil, survenu dans la nuit du 20 au 21 mars 2026, met en lumière les failles sécuritaires des infrastructures judiciaires et pousse les autorités à réagir en urgence pour préserver l’autorité de l’État.



Une ligne rouge a été franchie à Port-Gentil. Dans la nuit du 20 au 21 mars 2026, le tribunal de première instance a été la cible d’un cambriolage, révélant des failles préoccupantes dans la sécurisation des institutions judiciaires.


Face à la gravité des faits, le ministre de la Justice, Augustin Émane, s’est rendu sur place le 23 mars pour évaluer la situation et enclencher des mesures immédiates. Accueilli par les autorités locales, dont le maire Pascal Houagni Ambouroué et le préfet Marie Caroline Kamara, il a effectué une inspection des principales juridictions de la ville.


Les premières constatations sont sans appel. L’absence de contrôle d’accès structuré et le recours à une sécurité privée sans prérogatives régaliennes ont facilité l’intrusion. Selon les éléments de l’enquête, les assaillants auraient agi de manière coordonnée, provoquant une coupure d’électricité afin de neutraliser les systèmes de surveillance avant de forcer l’accès aux locaux.


Le bureau des scellés, où sont conservées des pièces à conviction sensibles, a été particulièrement visé. Plusieurs objets placés sous main de justice auraient été emportés, laissant entrevoir une opération préméditée et ciblée.


Cet incident s’inscrit dans une série d’événements récents ayant affecté certaines juridictions du pays, ravivant les inquiétudes quant à la vulnérabilité des infrastructures judiciaires. Il pose avec acuité la question de la protection des lieux où s’exerce l’autorité judiciaire, pilier fondamental de l’État de droit.


En réponse, le Garde des Sceaux a ordonné le déploiement immédiat d’agents de la sécurité pénitentiaire pour assurer une présence permanente sur le site. Une décision qui marque un retour à une sécurisation assurée directement par des forces relevant de l’État.


Au-delà de l’urgence, cette mission a également permis de recueillir les doléances des acteurs judiciaires, confrontés à des contraintes matérielles et logistiques persistantes. Le ministre a appelé à une formalisation des besoins en vue d’une prise en compte progressive dans les arbitrages budgétaires.


Car au-delà des faits, l’enjeu est institutionnel. Une justice fragilisée dans ses infrastructures l’est aussi dans sa crédibilité. Et c’est l’autorité même de l’État qui se trouve mise à l’épreuve