Procès des Bongo Valentin : révélations explosives



2025-10-30 10:25:00

La session criminelle spéciale qui s’ouvre le 10 novembre à Libreville s’apprête à examiner un dossier de près de 2 200 pages impliquant Sylvia et Noureddin Bongo, accusés de détournement, corruption et blanchiment de capitaux. Les procureurs affirment disposer de preuves solides, tandis que la défense conteste leur validité.



La Cour d’appel judiciaire de Libreville se prépare à un procès historique : l’épouse et le fils aîné de l’ancien président Ali Bongo seront au cœur d’une session criminelle spéciale, aux côtés de dix autres coaccusés. Le procureur général, Dr Eddy Minang, a souligné la densité et la solidité du dossier, riche de documents financiers et juridiques, dont des historiques bancaires et les statuts d’une cinquantaine de sociétés immobilières, décrivant un réseau complexe de transactions présumées illicites. Selon lui, « c’est colossal ! », une manière de signaler l’ampleur des preuves accumulées pour étayer les chefs d’accusation.

Le volet juridique de l’affaire révèle également une bataille de représentation : Sylvia et Noureddin Bongo ne sont officiellement défendus que par Me Gisèle Eyue Bekale, tandis que la présence annoncée de confrères français n’a jamais été formalisée. Cette situation a conduit à des tensions autour des citations à comparaître et du respect des procédures, notamment lorsque l’assistante de Me Bekale a refusé de réceptionner les documents officiels. La défense dénonce un dossier « vide » et des preuves « falsifiées », mais le procureur insiste sur la constitution réelle des faits.

Au-delà des accusations individuelles, cette affaire met en lumière l’intensité avec laquelle la justice gabonaise entend traiter les dossiers de corruption au plus haut niveau de l’État. La session criminelle spéciale sera non seulement un test pour la crédibilité des institutions judiciaires, mais aussi un moment de transparence politique, scruté par l’opinion nationale et internationale. Les enjeux dépassent largement le simple cas des Bongo, en posant la question de la rigueur et de l’indépendance de la justice dans un pays en pleine transition institutionnelle.