Sénatoriales 2025 : l’UDB s’empare du Sénat et redessine en profondeur le paysage politique gabonais



2025-12-04 12:34:00

Avec 46 sièges sur 70, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) domine largement la nouvelle configuration de la chambre haute. La validation des résultats par la Cour constitutionnelle consacre l’hégémonie du parti présidentiel et ouvre la voie à une recomposition politique dont les prochains mois devraient révéler les contours.



Le verdict est désormais définitif. Mardi dernier, la Cour constitutionnelle a scellé le processus électoral en confirmant l’écrasante victoire de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) aux élections sénatoriales. S’appuyant sur l’article 114 de la Constitution et l’article 244 du Code électoral, la haute juridiction, après vérifications et corrections, a validé les résultats qui placent sans contestation possible le parti présidentiel au centre de la scène parlementaire. Avec 46 sièges obtenus en son seul nom, auxquels s’ajoutent un en partage avec le Parti du réveil citoyen (PRC) et trois avec le Parti démocratique gabonais (PDG), l’UDB s’affirme comme la force politique dominante de cette nouvelle législature.

Face à cette montée en puissance du parti présidentiel, les autres formations politiques tentent de maintenir leur présence dans une assemblée profondément recomposée. Le PDG, longtemps pivot du jeu politique national, conserve cinq sièges obtenus en solo ainsi qu’un en alliance avec l’Union socialiste gabonaise (USG). Le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) se distingue avec deux sièges, plus un autre partagé avec le Bloc démocratique chrétien (BDC). Les Démocrates (LD) et l’Union nationale (UN) conservent chacun deux sièges, tandis que deux indépendants feront leur entrée au Sénat. Le Parti social-démocrate (PSD), le Rassemblement pour la nouvelle République (RNR) et l’Union pour la République (UPR) décrochent chacun un siège. Sur les 70 sièges en compétition, 68 ont été validés, les deux restants devant encore être pourvus.

Cette nouvelle architecture parlementaire dessine une chambre haute nettement dominée par l’UDB, qui devient l’axe autour duquel s’organiseront désormais les arbitrages institutionnels. Le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Aba’a Owono, a annoncé que l’ouverture de la prochaine session se déroulera conformément à l’article 84 de la Constitution du 19 décembre 2024. Avec cette majorité écrasante, l’UDB s’offre une plateforme stratégique pour accompagner, infléchir ou accélérer les réformes politiques et institutionnelles engagées par le Président de la République, dans un paysage partisan encore en mouvement.