Secteur extractif : pourquoi le Gabon lance l’exploration de nouveaux gisements pétroliers
2025-12-24 14:01:00
Jadis considéré comme l’un des plus grands producteurs de pétrole en Afrique Centrale, le Gabon a vu sa production baissée au cours des trois dernières décennies. Selon les chiffres de la Direction générale de l’Economie et de la politique fiscale au terme du 2ème trimestre 2025, l’indice de production pétrolière a de nouveau reculé de 1,2%. Plusieurs facteurs expliquent cette situation notamment : le déclin naturel des champs matures nécessitant d’importants investissements, le désengagement progressif des grandes compagnies internationales, des problèmes opérationnels et des pannes d’équipement…
Au Gabon, 72% du bassin sédimentaire reste
inexploré. C’est dans l’optique d’accroître ses recettes pétrolières que le
pays que dirigait Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé d’explorer de nouveaux
gisements pétroliers. Vaalco Energy,
entreprise américaine qui opère au Gabon depuis plus de 20 ans a par exemple
annoncé le 9 décembre 2025, qu’elle a démarré la 3ème phase de
son programme de forage offshore baptisé ET-15. Elle vise à capter
de nouveaux volumes dans des réservoirs matures, tout en améliorant le taux de
récupération de pétrole. L’entreprise évoque aussi la volonté de créer la
valeur ajoutée liée à une meilleure maîtrise des coûts de
forage et à une gestion plus ciblée de ses ressources techniques.
Bien avant Vaalco Energy, le groupe britannique, British Petroleum (BP) a signé
le 29 octobre 2025 avec le Ministère du Pétrole et du Gaz que dirige Sosthène
Nguema Nguema un accord en vue de l’exploration des hydrocarbures en offshore
profond et très profond au Gabon. Il recherche de gisements d'hydrocarbures dans des zones
sous-marines situées à des profondeurs considérables, souvent au-delà de 500
mètres. « Cet accord marque une étape importante dans la recherche des
hydrocarbures en offshore profonde et très profonde, domaine sous-exploré de
notre bassin sédimentaire. Il traduit par ailleurs la volonté partagée de bâtir
une relation fondée sur la transparence, la performance et la durabilité »
avait déclaré Sosthène Nguema Nguema lors de
la signature de la convention. Le membre du gouvernement avait
insisté sur « l’importance d’un secteur pétrolier compétitif, capable de
créer des emplois, de développer les compétences nationales et de stimuler
l’économie gabonaise, tout en respectant l’environnement ».
« L’offshore Nord du Gabon
constitue une frontière pétrolière d’avenir, offrant un potentiel géologique
remarquable et des perspectives enthousiasmantes pour l’exploration » avait pour sa part souligné Bryan Richtie, Vice-président de
l’Exploration chez British Petroleum.
Dans l’optique de renforcer sa souveraineté pétrolière, l’État gabonais
a acquis deux nouvelles entreprises : la société britannique Tullow Oil et la
société française SMP Afrique, spécialisée dans la maintenance et le forage
pétrolier. Ces acquisitions viennent renforcer la Gabon Oil Company (GOC), la
société nationale des hydrocarbures. Grâce à
cette acquisition, la production pétrolière de l’État passera de 70 000 à 82
000 barils par jour, augmentant ainsi ses revenus et renforçant sa souveraineté
dans le secteur des hydrocarbures.
1 525 milliards de FCFA de recettes attendus
en 2026
Le Gabon compte mobiliser 1 525 milliards
de FCFA de recettes pétrolières l’année prochaine selon la loi de finances
2026. L’objectif est de maintenir le pétrole comme pilier central des
finances publiques à court et moyen terme,
sécuriser les ressources nécessaires au financement des politiques
publiques et préparer la transition économique sans fragiliser l’équilibre
budgétaire.
L’augmentation des recettes pétrolières devrait aussi passer par : le développement des capacités de raffinage locales, la transformation partielle du brut sur le territoire national, la réduction des importations de produits pétroliers finis. Une transformation locale accrue permettrait : d’améliorer la balance commerciale, de créer de la valeur ajoutée nationale, de renforcer les recettes fiscales indirectes, de stabiliser les revenus du secteur face aux fluctuations internationales.