Société Education : Arrestation de deux syndicalistes de poids
2026-01-20 13:54:00
L’arrestation coup sur coup de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, figures emblématiques du mouvement syndical gabonais, suscite une vive inquiétude au sein de la société civile.
Alors que le secteur de l’éducation traverse une crise profonde, ces interpellations soulèvent de nombreuses interrogations sur leurs motivations réelles et appellent à une clarification des autorités.
SOS Prisonniers Gabon a exprimé sa profonde préoccupation à la suite de l’arrestation de deux figures majeures du mouvement syndical gabonais : Marcel Libama, interpellé le lundi 19 janvier 2026 en fin d’après-midi, et Simon Ndong Edzo, arrêté aux premières heures de ce mardi 20 janvier 2026.
Connus pour leur engagement constant en faveur des droits sociaux, de la justice et de la dignité humaine, les deux syndicalistes occupent une place centrale dans la défense des travailleurs, en particulier dans le secteur de l’éducation nationale. Un secteur actuellement secoué par une crise persistante, marquée par des revendications liées aux régularisations administratives, aux rappels de salaires et aux conditions de travail.
À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a permis de préciser les motifs exacts de ces interpellations. Ce silence alimente les spéculations et renforce le sentiment d’inquiétude parmi les syndicats, les enseignants et les organisations de défense des droits humains.
Pour plusieurs observateurs, le timing de ces arrestations, en pleine mobilisation sociale, interroge et laisse planer le doute sur une éventuelle volonté de contenir ou de dissuader l’expression syndicale.
Le climat social est particulièrement fragile. Les grèves à répétition dans l’éducation ont profondément affecté le fonctionnement des établissements scolaires et accru l’angoisse des parents et des élèves. Dans ce contexte, l’arrestation de leaders syndicaux perçus comme des porte-voix des revendications sociales risque d’exacerber les tensions plutôt que de favoriser l’apaisement.
Si les autorités disposent de raisons judiciaires avérées, celles-ci méritent d’être clairement exposées afin d’éviter toute interprétation politique ou syndicale. À l’inverse, l’absence de clarification pourrait être perçue comme une atteinte à la liberté syndicale et au droit à la contestation pacifique, pourtant essentiels dans un État qui se veut engagé dans une transition démocratique et sociale.
Face à l’émoi suscité par ces arrestations, SOS Prisonniers Gabon et plusieurs acteurs de la société civile appellent les autorités compétentes à communiquer de manière transparente sur les faits reprochés aux deux syndicalistes. Une clarification rapide apparaît indispensable pour préserver la confiance, apaiser le climat social et réaffirmer l’attachement de l’État gabonais au respect des droits fondamentaux et au dialogue social.