Surpopulation carcérale : la prison centrale de Port-Gentil étouffe à plus de 400 %



2026-03-26 10:32:00

Construite pour 250 détenus, la prison centrale de Port-Gentil en accueille aujourd’hui plus de 1 000. Une situation alarmante mise en lumière par le ministre des Droits humains, Augustin Emane, qui relance le débat sur les détentions abusives et les conditions carcérales au Gabon.



La prison centrale de Port-Gentil fait face à une surpopulation carcérale critique, révélée lors de la récente visite du ministre en charge des Droits humains, Augustin Emane. Une réalité préoccupante qui met en évidence les limites du système pénitentiaire gabonais.

Construite dans les années 1970 pour une capacité d’accueil de 250 détenus, la maison d’arrêt de la capitale économique en abrite aujourd’hui 1 007, selon les chiffres officiels. Un taux d’occupation qui dépasse les 400 %, traduisant une situation de surpeuplement extrême.

Dans ce total, 32 femmes sont incarcérées, dont seulement 15 condamnées. La majorité des détenus reste donc constituée d’hommes, parmi lesquels un grand nombre se trouve en détention préventive. Une pratique qui semble s’être généralisée, alors même qu’elle est censée demeurer exceptionnelle selon le Code de procédure pénale.

Cette surpopulation a des conséquences directes sur les conditions de détention. Entre promiscuité, difficultés d’alimentation et pression sur les infrastructures, les droits fondamentaux des détenus sont mis à rude épreuve. Une situation qui ternit l’image du Gabon au regard des standards internationaux en matière de respect des droits humains.

Face à ce constat, le ministre Augustin Emane a annoncé la poursuite de l’opération de mise en liberté d’office des personnes détenues illégalement. Déjà lancée à Libreville, cette initiative a permis la libération de 274 prisonniers. Elle devrait être étendue à d’autres établissements du pays, dont celui de Port-Gentil, dans l’optique de désengorger les prisons et de rétablir davantage d’équité dans le traitement des détenus.