Éthiopie : la monnaie locale le birr, désormais imprimée sur le sol national



2026-01-26 17:11:00

L’Éthiopie s’apprête à franchir une étape décisive dans la gestion de sa politique monétaire. Le gouvernement a annoncé la création d’une capacité nationale d’impression du birr, mettant fin à une dépendance historique à des prestataires étrangers. Une réforme à forte portée économique et politique.



L’annonce a été faite par le Premier ministre Abiy Ahmed lors du forum Finance Forward Ethiopia 2026, un rendez-vous réunissant les principales institutions financières et fiscales du pays. Jusqu’ici, l’impression du birr était confiée à des entreprises étrangères, notamment la société britannique De La Rue. Cette externalisation prendra fin avec la mise en place d’une infrastructure nationale dédiée.

Le projet sera porté par l’Ethiopian Investment Holding, le fonds souverain du pays, appelé à piloter cet investissement stratégique. En internalisant l’impression de sa monnaie, l’État éthiopien entend renforcer son contrôle sur un instrument économique central, au cœur de la souveraineté nationale.

Au-delà de l’aspect technique, cette décision répond à une volonté politique de réduire les vulnérabilités externes. La dépendance à des prestataires étrangers expose les États à des risques géopolitiques, logistiques et financiers, susceptibles d’affecter la continuité de la circulation monétaire. Addis-Abeba cherche ainsi à se prémunir contre d’éventuelles ruptures d’approvisionnement ou pressions diplomatiques.

Sur le plan opérationnel, la réforme devrait permettre une meilleure maîtrise des délais d’émission des billets, une réduction des coûts liés à l’externalisation et un renforcement des dispositifs de sécurité monétaire. Elle s’inscrit également dans une stratégie plus large de modernisation et de résilience du système financier éthiopien.

À l’échelle du continent africain, cette démarche demeure encore marginale. La majorité des pays continuent de confier l’impression de leur monnaie à des prestataires internationaux. En faisant le choix de l’internalisation, l’Éthiopie s’inscrit dans une dynamique de remise en cause des dépendances structurelles et affirme sa volonté de consolider son autonomie économique dans un environnement mondial de plus en plus incertain.