À Libreville, la 33e Journée mondiale de lutte contre la tuberculose a été l’occasion pour la ministre de la Santé, Elsa Joséphine Ayo Nkana-Bivigou, de dresser un constat préoccupant sur l’évolution de la maladie au Gabon. En 2025, 6 847 cas ont été recensés, dont près d’une centaine de formes résistantes aux traitements. Plus inquiétant encore, le nombre de nouveaux cas et de rechutes continue de progresser, traduisant une circulation persistante de la maladie. Si le taux de succès thérapeutique a légèrement augmenté, atteignant 73 %, le niveau élevé de patients perdus de vue, près de 19 %, reste un défi majeur pour les autorités sanitaires.
Face à ces indicateurs, le gouvernement a engagé une riposte renforcée. Celle-ci repose notamment sur le déploiement de 17 pôles de diagnostic moléculaire et de 29 centres de dépistage à travers le pays, afin d’améliorer la détection précoce. La gratuité des examens et des traitements est maintenue, tandis que des efforts spécifiques sont déployés dans les milieux à risque, notamment les établissements pénitentiaires. Les campagnes de dépistage dans les zones reculées et la collaboration avec des institutions comme le Centre de recherche médicale de Lambaréné témoignent d’une volonté d’adapter la réponse aux réalités du terrain, en particulier face aux cas pharmaco-résistants.
Au-delà des mesures immédiates, les autorités affichent une ambition claire : éradiquer la tuberculose à moyen terme. Cela passe par le renforcement du Programme national de lutte, une meilleure décentralisation des services de santé et une implication accrue des communautés. Dans un contexte marqué par la co-infection avec le VIH et l’émergence de souches résistantes, Elsa Joséphine Ayo Nkana-Bivigou a insisté sur une mobilisation collective, rappelant que la lutte contre la tuberculose dépasse le seul cadre médical pour devenir un enjeu national de santé publique.