Zone Cemac : la Beac prévoit une hausse de la croissance en 2026
2026-01-19 19:26:00
La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) que dirige Yvon Sana Bangui, a rendu public en fin de semaine dernière, les derniers indicateurs macroéconomiques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale ainsi que les perspectives révisées pour 2026.Les prévisions actualisées font état d’un ralentissement de la croissance en 2025 à 2,4 %, après 2,7 % en 2024.
Cette baisse selon la Banque Centrale s’explique
par le recul activités pétrolières et gazières. Cependant, une reprise est
attendue au cours de cette année avec une croissance projetée à 4,6 %, soutenue
par une amélioration anticipée de la conjoncture internationale et des réformes
structurelles en cours de mise en œuvre. Au cours de l’année écoulée,
l’inflation a été maîtrisée à 2,2% en deçà du seuil communautaire de 3 %. Elle
devrait s’établir à 2,7 % en 2026, reflétant une stabilité des prix préservée. Pour
ce qui est de la situation budgétaire des Etats de la Cemac, elle reste
fragile, avec un solde budgétaire (hors dons) en déficit à -1,4 % du PIB en
2025, après -1,6 % en 2024. Ce déficit devrait se maintenir autour de -1,5 % en
2026, dans un contexte de politiques budgétaires expansionnistes.
Diminution des réserves de change
Suivant la Banque Centrale, la position extérieure se dégrade, avec un
solde courant (transferts inclus) passant à -2,9 % du PIB en 2025, puis à -3,1
% en 2026. Les réserves de change diminuent, représentant 4,2 mois
d’importations de biens et services en fin 2025, contre 4,9 mois en 2024. Cette
baisse s’explique par la contraction des exportations et la pression sur les
finances publiques. Face à cette détérioration de la position extérieure et
pour préserver la stabilité monétaire et financière, le Comité de Politique
Monétaire (CPM) réuni le 15 décembre 2025 a décidé de relever de 25 points de
base les principaux taux directeurs de la BEAC. Cette mesure vise à contenir
les tensions sur les réserves de change et à ancrer les anticipations
inflationnistes. La Beac veille aussi au respect de la réglementation des
changes et à la centralisation des recettes d’exportation, afin de renforcer la
gestion des liquidités extérieures et d’améliorer la transparence des flux
financiers. Ces actions monétaires « doivent être impérativement
accompagnées par des efforts des États membres en matière de consolidation
budgétaire, de gestion prudente de la dette publique et d’accélération de la
diversification économique ».
Finaliser les accords avec le FMI
La Banque Centrale rappelle également l’importance de finaliser les accords
avec le FMI pour plusieurs pays de la CEMAC, dont la République centrafricaine
et le Tchad, dont les programmes sont actuellement en attente de décaissement,
en raison de l’absence d’accord sur les assurances régionales. Les perspectives
pour 2026 selon l’institution que dirige Yvon Sana Bangui demeurent globalement
favorables, avec une croissance attendue à 4,6 %. Cependant, la persistance des
déséquilibres budgétaires et extérieurs expose la sous-région à des risques
accrus de vulnérabilité et de surendettement. La BEAC souligne qu’elle reste
pleinement engagée dans son mandat de préservation de la stabilité des prix et
de soutien à la stabilité financière. Elle appelle à un renforcement de la
coordination des politiques économiques au niveau communautaire pour assurer
une croissance durable et inclusive.